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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)270

coûts. C'est ainsi qu'on décidera de s'engager dans la délinquance quand les avantages de cette activité, moins ses coûts, seront plus élevés que les avantages d'une activité légitime alternative, moins les coûts de cette dernière.

Cependant, cette formulation resterait incomplète si on ne tenait pas compte du niveau d'activité criminelle auquel se situe un délinquant à un moment donné 71. Dans ce cas, une hypothèse qui rendrait plus finement compte des faits serait celle-là. L'activité délinquante aura tendance à se situer au niveau qui, pour son auteur, et compte tenu de ses opportunités, comporte le plus d'avantages aux moindres coûts. Selon une telle hypothèse, il existerait pour chaque individu, à un moment donné, une combinaison optimale d'activités délictueuses et non délictueuses. Cette combinaison serait donc variable selon les circonstances. Voilà qui permettrait d'expliquer le va-et-vient entre le crime et les activités légitimes : à un moment donné, les bénéfices d'une solution apparaissent plus élevés alors que, plus tard, la balance des avantages et des inconvénients penchera en faveur de l'autre option.

Résolutions

Dans le modèle qui vient d'être présenté, la balance des avantages et des coûts ne conduit au passage à l'acte que par l'intermédiaire des décisions des acteurs. Or, je serais porté à croire que ces décisions ne sont pas complètement réductibles à l'estimation des gains et des pertes. Si tel est le cas, la prévision devrait tenir compte de l'état d'esprit du sujet. Il s'agirait de savoir jusqu'à quel point celui-ci est déterminé à continuer ou à abandonner les solutions délinquantes.

Les attitudes des délinquants récidivistes vis-à-vis de leur engagement criminel peuvent être regroupées en quatre catégories.

1. La résolution de continuer dans la voie du crime. - Il se trouve plus d'un criminel qui affirment avoir opté consciemment et

71 En effet, nous avons vu au chapitre 13 que la récidive ne devrait pas être analysée en termes de tout ou rien ; la fréquence de la délinquance à un moment donné devrait plutôt être comparée à sa fréquence antérieure.

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