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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)274

Cinquième partie : La justice

Chapitre 20

LE PROBLÈME DE LA JUSTICE

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Réduire le respect des lois à un conformisme fondé sur la crainte de l'opinion ou sur celle du gendarme équivaudrait à donner une image tronquée de la réalité. Il faut l'avouer : les raisons d'éviter le crime trouvées jusqu'ici sont toutes négatives : inhibition morale, honte, peur. Ce qui revient à dire que nous résistons aux tentations par soumission à l'autorité, parce que nous craignons la censure de nos pairs ou parce que nous ne voulons pas échouer en prison. Une telle analyse nous laisse avec une image peu réjouissante de l'homme : être dépendant, soumis et terrorisable.

Les limites de cette vision des choses furent soulignées notamment par Piaget (1932), lorsqu'il attaqua Durkheim sur la question de la morale de l'enfant. Le psychologue suisse reprochait au sociologue français d'avoir réduit la morale à une de ses formes, et encore à sa forme la plus primitive, celle que Piaget appelait la morale de la contrainte : devoir pur qui est imposé à l'enfant sous l'influence unilatérale de l'adulte. Or, avec l'âge, pensait le psychologue, une autre morale fait son apparition : la morale de la coopération, dont le principe est la solidarité, qui se caractérise par le respect mutuel

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