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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)276

Pourquoi les gens pensent-ils que le vol et l'agression sont des actes dont ils doivent s'abstenir et qui doivent être réprimés ?

D'emblée trois raisons viennent à l'esprit.

- parce que ces actes portent atteinte au bien commun ;

-parce qu'ils font souffrir des êtres humains qui nous inspirent de la sympathie ;

-parce qu'ils sont source d'injustice.

Le bien commun

Il est concevable que les hommes réprouvent les crimes par souci du bien commun, parce qu'ils pensent que ces actes menacent l'ordre social, minent la confiance et mettent en danger la solidarité sociale. En effet, on ne voit pas comment pourrait fonctionner une société dont les membres seraient constamment victimes d'agressions criminelles. On ne voit pas comment seraient possibles la coopération et l'amitié sociale si nous ne pouvions faire confiance à autrui, si nous étions incapables de prévoir la conduite de nos concitoyens, si nos rapports avec tous étaient marqués par la peur, la méfiance et l'hostilité, si nous devions parer tous les jours des attaques venues de toute part. A coup sûr une société dont le tissu social serait ainsi mis en pièces ne saurait survivre. Elle disparaîtrait dans le désordre et les luttes intestines.

Ceci, bien des citoyens le pressentent plus ou moins confusément. Ils sentent que la prolifération du crime mine l'édifice social tout entier. Ils savent que leurs intérêts les plus vitaux seraient mis en danger dans le climat d'anarchie qui en résulterait. Tous ceux qui profitent tant soi peu de l'ordre social peuvent donc avoir des motifs de s'opposer au crime.

Cependant, la notion de bien commun véhicule souvent une vision assez particulière de la société. On se la représente comme une communauté d'hommes unis dans un projet commun et organisés de façon hiérarchique. On peut se demander si la répression du crime sert d'abord à défendre ce type d'ordre. Il est permis d'en douter. Et, surtout, il est permis de rester sceptique devant l'idée que la plupart

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