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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)281

au droit naturel où il croit plus aisément légitimer son action.

La liste des justifications alléguées par les malfaiteurs est fort longue 73. Celles qui s'inspirent des notions de justice peuvent être regroupées sous cinq rubriques

1.la vengeance ;

2.la peine rétributive ;

3.le mérite ;

4.la négation du dommage

5.l'annulation du contrat social.

1. La vengeance.

S'inspirant de la règle de justice qui stipule qu'« un mal peut être rendu par un mal », les criminels prétendent que leurs forfaits ne sont que des réactions à un quelconque dommage qu'ils auraient subi. Cette raison est souvent évoquée par les auteurs de crimes de sang. « Le meurtrier se fait lui-même justice, s'estimant victime avant d'être vengeur » (Hesnard, 1963, p. 203). Un grand nombre de crimes passionnels sont justifiés, aux yeux de leurs auteurs, par la vengeance (De Greeff, 1942). Les adolescents qui allument des incendies dans la maison de parents ou d'employeurs qui les maltraitent se disculpent souvent en s'appuyant sur le droit de rendre le mal pour le mal (Henry et Laurent, 1974, p. 60).

2. La peine rétributive.

« Au début Robert essaya de justifier ses vols. Le voleur qui débute veut toujours en le dévalisant punir un salaud. - Ces gens-là c'est des vicieux, disait-il » (Genet, 1949, pp. 149-150).

Il arrive que le malfaiteur se pose, non en vengeur, mais en juge et en bourreau. Sans avoir lui-même été offensé, il légitime son acte en affirmant que sa victime méritait ce qu'il lui a fait subir. Le

73 DE GREEFF a souvent parlé de ces justifications. Plusieurs auteurs y ont fait allusion en particulier REDL et WINEMAN (1951), SYKES et MATZA (1964), MAILLOUX (1971) et MUCCHIELLI (1974).

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