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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)295

1952, p. 657 ; Hoebel, 1954, p. 286, et Kluckhohn, 1955, p. 672). Le meurtre a été partout et toujours interdit et, partout, il tombe sous le coup de sanctions physiques, morales et religieuses. Cependant, les définitions du meurtre varient ou, ce qui est une autre manière de dire la même chose, les justifications de l'acte de tuer ne sont pas les mêmes d'une société à l'autre. Les principales exceptions sont les suivantes : 1/ tuer en état de légitime défense ; 2/ l'exécution capitale ; 3/ le suicide ; 4/ l'euthanasie ; 5/ l'infanticide ; 6/ la vengeance ; V le duel.

Le vol

Le vol pose des problèmes plus complexes parce que, pour le définir, il faut au préalable s'entendre sur une définition de la propriété, ce qui n'est pas très facile.

La notion de propriété renvoie à un système de droits, de devoirs et de privilèges qui règlent les rapports des individus en ce qui concerne les biens matériels 74. Pour nos besoins, la définition suivante devrait suffire 75. La propriété désigne les droits et privilèges relatifs à l'utilisation d'objets matériels. Parmi ces droits et privilèges, il faut signaler premièrement le privilège, pour le propriétaire, d'utiliser ses biens comme il l'entend, y compris celui de céder par don ou vente et, deuxièmement, l'exclusion d'autrui dans l'usage de ces biens. Ceci veut dire que le propriétaire est protégé contre les empiètements d'autres personnes qui voudraient prendre ou utiliser les objets possédés. Le droit de propriété renvoie donc à une prohibition qui s'adresse à toute personne sauf au propriétaire 2.

74 Les anthropologues ont proposé différentes définitions de la propriété, toutes plus compliquées les unes que les autres. Le lecteur intéressé à la question pourrait consulter avec profit les auteurs suivants : HALLOWELL (1943, p. 120-121), MALINOWSKI (1947, p. 132-133), HOEBEL (1954, p. 58) et GLUCKMAN (1965, p. 36).

75 Les droits de propriété ne sont généralement pas absolus : il est rare que le propriétaire puisse faire tout ce qu'il veut avec ses biens. Quand il les utilise, il lui faut tenir compte des droits d'autrui, il doit respecter ses engagements, il doit souvent partager ou prêter, il doit respecter les diverses lois qui lui enjoignent d'agir d'une manière ou d'une autre avec ses biens (LINTON, 1952, p. 656, et GLUCKMAN, 1965, p. 49-50).

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