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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)299

Tout groupe humain est confronté à une constellation de problèmes liés les uns aux autres : l'attribution des biens et des obligations parmi les membres du groupe, la sécurité des personnes, la préventions des conflits internes. Parmi les éléments de culture contribuant à la solution de ces problèmes, on trouve partout un noyau cohérent de principes dont les plus importants sont : la justice, la réciprocité et la défense de la liberté. Ces principes apportent à ces problèmes des solutions qui assurent la survie du groupe sans pour autant sacrifier les intérêts individuels. Or, précisément parce qu'ils ne sont pas sacrifiés, les individus ont de bonnes raisons de défendre ces principes. Ceci introduit, dans le système, un mécanisme autorégulateur qui lui permet de se maintenir avec un minimum d'interventions extérieures.

Pour comprendre la logique de ce système équipé d'un dispositif d'autorégulation, deux notions doivent être explicitées : la réciprocité et la liberté.

La réciprocité

Les vols et les agressions peuvent être considérés comme des interactions de deux personnes dont la caractéristique est que l'un des partenaires - la victime - est lésée par l'autre - le délinquant. Mais, contrairement à la victime d'un accident ou d'une maladie, la victime d'un crime ne subit pas simplement un préjudice, elle subit un préjudice injuste. Pourquoi ? Parce qu'on lui cause volontairement un dommage sans intention aucune de compenser.

Les crimes sont des interactions parfaitement déséquilibrées ; le voleur gagne, la victime n'obtient rien en contrepartie ; l'agresseur fait souffrir, mais ne se soucie pas de réparer. S'ils heurtent tant et les victimes et l'opinion, c'est non seulement parce qu'ils sont contraires à la morale ou aux lois, mais aussi parce qu'ils sont en violation flagrante de la réciprocité. Le. crime est la négation d'un principe de justice commutative qui' s'exprime par plusieurs maximes bien connues : Agis avec ton semblable comme tu voudrais qu'il agisse avec toi. Un contrat ne doit pas enrichir l'un aux dépens de l'autre. Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse.

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