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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)31

il est indispensable de prendre en considération la personnalité du client. Pour ce faire, on préconise l'enquête médico-psychologique et sociale, la constitution du dossier de personnalité, le diagnostic et la classification. C'est ainsi qu'on pourra choisir la mesure thérapeutique qui conviendra le mieux aux besoins du client.

2. Le traitement a pour but de transformer le délinquant. S'il est vrai que la cause du crime se trouve à l'intérieur du criminel, c'est là qu'il faut agir. On tente donc de corriger ce qui le motive à entrer en conflit avec la loi, on s'efforce d'en faire un citoyen normal et de le réintégrer à la société. On poursuit, peut-on dire, un but à la fois moral et thérapeutique, avec une insistance particulière selon les époques. Ainsi, il y a cinquante ans, on parlait surtout d'amender les délinquants, d'en faire d'utiles et d'honnêtes citoyens. Plus récemment, on se proposait de leur faire retrouver leur équilibre psychologique et de les aider à prendre conscience de leurs problèmes. Au-delà de ces nuances, on s'entend pour croire que le traitement aura réussi quand le délinquant sera réconcilié avec lui-même et avec la société (Chazal, 1978, p. 129).

3. Pour réaliser sa mission, le thérapeute doit disposer d'un pouvoir discrétionnaire. Une individualisation véritable est impossible si le clinicien n'a pas les coudées franches. Il doit pouvoir choisir en toute liberté la mesure la plus appropriée et intervenir quand son sens clinique lui dicte de le faire. Il doit pouvoir prolonger le traitement aussi longtemps que cela se révélera nécessaire. il faut donc libérer les thérapeutes du joug des lois qui prescrivent des peines dans l'abstrait et qui les empêchent d'agir avec souplesse. C'est la raison pour laquelle on milite, entre autres choses, en faveur des sentences indéterminées le détenu ne doit être libéré que lorsqu'il sera transformé.

4. La réhabilitation permet de réaliser la réconciliation entre l'intérêt du délinquant et celui de la société. Ce qui, traditionnellement, semblait incompatible cesse de l'être. Grâce au traitement, on fait d'une pierre deux coups : on aide le client tout en protégeant la société. Partant de là, il n'est pas contradictoire de préconiser des mesures qui combinent l'aide et la contrainte, la compréhension et la surveillance. Ce syncrétisme est à la fois cause

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