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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)311

liberté de chacun en empêchant les empiétements les plus évidents. Ces règles peuvent être conçues comme des remparts ériges pour éviter que les hommes ne se heurtent constamment les uns aux autres. Elles préviennent un grand nombre de conflits sans restreindre indûment la marge de manoeuvre des uns et des autres. Cette solution permet donc de concilier la liberté individuelle et l'absence de conflit (Hayek, 1973, p. 129). Dès lors que chacun est assuré d'un domaine inviolable, il n'a plus à rester à chaque instant en garde contre les gestes menaçants de tout autre homme. Cette sécurité favorise évidemment la confiance et pave la voie à l'échange et à la coopération.

Ainsi, les règles qui garantissent à chacun un domaine protégé, bien loin d'être une entrave à la liberté, la rendent possible. « La justice n'a, au fond, qu'un but : assurer la liberté en lui fixant des frontières » (Peyrefitte, 1981, p. xiv). Quelle liberté nous resterait-il si tous nos concitoyens avaient la licence de nous agresser, de nous contraindre et de nous dévaliser ? La liberté absolue, c'est-à-dire le pouvoir d'agir à sa guise- dans ses rapports avec autrui, tue la liberté. Reste la liberté sous la loi, laquelle limite le pouvoir d'agir de tout le monde et, par le fait même, nous assure l'inviolabilité de notre personne et de nos biens.

L'intérêt bien compris

Le dernier des grands Philosophes contractualistes, Rawls (1971, p. 118), s'est demandé quels principes de justice accepteraient des personnes rationnelles attachées à leurs intérêts au moment de définir

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