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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)32

et effet de l'optimisme qui règne chez les promoteurs de l'idéal thérapeutiques. Ils sont, en effet, convaincus que leur solution, étant dans le meilleur intérêt de tous, n'a que des avantages et aucun inconvénient.

5. Les doctrines thérapeutiques en criminologie possèdent une dernière caractéristique : l'empirisme. Celui-ci peut ici être défini comme la conception selon laquelle l'accumulation des observations et l'expérience acquise au contact direct avec les délinquants suffiront pour découvrir d'abord les causes du problème et, ensuite, ses solutions. Cet empirisme n'est pas sans rapport avec une certaine faiblesse théorique. En effet, il n'est pas injuste d'avancer que les partisans de la réhabilitation ne se sont jamais entendus sur une théorie donnée 5, par contre ils étaient d'accord sur une méthode : l'étude des cas individuels, conçue comme un moyen privilégié de connaissance (Rothman, 1980, p. 50-55). Convaincus que les faits parlent d'eux-mêmes, la plupart d'entre eux pensaient que la connaissance scientifique leur viendrait de l'accumulation des observations.

Sur le plan de l'intervention, on retrouve une autre manifestation de l'empirisme. Au départ, on ne dispose pas d'un éventail de mesures thérapeutiques distinctes dont la valeur serait éprouvée, comme c'est le cas en médecine. On croit alors surmonter la difficulté en misant sur la relation clinique et sur le diagnostic. On défend d'abord la thèse selon laquelle la relation clinique qui se développe entre le praticien et son client est un traitement en soi. On affirme ensuite que le diagnostic fera découvrir en cours de route des solutions qui ne se sont

5 Leurs positions théoriques peuvent être regroupées en trois catégories. Premièrement, l'empirisme pur : on rejette toute proposition théorique pour ne reconnaître de valeur qu'à l'action. Deuxièmement, le « multifactorialisme » : on pense que la délinquance est causée par un grand nombre de facteurs d'ordre biologique, psychologique, sociologique et culturel ; cet éclectisme ne conduit pas cependant à l'élaboration d'une véritable théorie conçue comme un ensemble cohérent de propositions générales. On trouve en troisième lieu des gens qui adhèrent à une position théorique spécifique, mais on ne réussit jamais à s'entendre sur une théorie donnée. On assiste à la concurrence de modèles inspirés de la psychologie, de la psychiatrie, du service social et de la sociologie.

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