X hits on this document

796 views

0 shares

0 downloads

0 comments

33 / 348

Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)33

pas connues a priori. On pense, en d'autres termes, que le traitement découlera tout naturellement de l'histoire de cas. C'est ce qui faisait dire à un agent de probation que lorsque le diagnostic est posé le plus gros du travail est fait (Rothman, 1980, p. 67).

Cet aperçu de la philosophie qui fondait l'intervention thérapeutique auprès des délinquants, bien que sommaire, devrait suffire pour nous faire entrer dans le vif du sujet : Quels ont été les résultats des traitements qui s'inspiraient de ces principes ?

Bilan des recherches évaluatives

Le test décisif pour savoir si, oui ou non, une méthode de traitement a un impact sur la réhabilitation des délinquants consiste à comparer les taux de récidive de sujets traités à celui des sujets qui ne l'ont pas été. Pendant les trente dernières années, quelques centaines de recherches évaluatives de ce type ont été réalisées. Que nous apprennent ces travaux ? La réponse est fort décevante : quelle que soit la nature de la mesure thérapeutique utilisée, que ce soit une psychothérapie individuelle ou de groupe ; qu'elle soit d'inspiration freudienne, rogérienne, transactionnelle, glasserienne ou autre ; qu'elle soit intensive ou non le résultat ne sera pas différent : le niveau de récidive auquel nous pouvons nous attendre, compte tenu des caractéristiques initiales des sujets, restera pratiquement inchangé. C'est ce qu'on pourrait appeler l'« effet zéro » : l'introduction de mesures thérapeutiques dans le système pénal n'a aucun effet sur la récidive.

Cette constatation s'appuie sur une masse considérable de recherches évaluatives. Quand on passe en revue ces travaux, la conclusion globale que l'on en tire est toujours décourageante : nulle part on n'a réussi à démontrer que le recours à un quelconque traitement rend l'intervention pénale plus efficace (Bailey, 1966 ; Hood et Sparks, 1970 ; Lipton et al., 1975 ; Greenberg, 1977 ; Wright et Dixon, 1977 ; Sechrest et al., 1979).

Document info
Document views796
Page views796
Page last viewedTue Dec 06 12:48:20 UTC 2016
Pages348
Paragraphs2523
Words106345

Comments