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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)35

le traitement sur un grand nombre d'indices psychologiques : baisse de la mésadaptation sociale, de l'autisme, de l'aliénation, du psychotisme, hausse de la maturité sociale, de l'estime de soi, etc. Cette progression était significativement plus forte chez un groupe de garçons qui avaient subi tout le traitement que chez ceux qui avaient quitté prématurément le centre. Même si ces derniers avaient, eux aussi, progressé, ils l'avaient fait à un rythme nettement moins rapide (Bossé et Le Blanc, 1980 C, pp. 60-61). Cependant on découvrit avec surprise que les variables psychologiques étaient totalement indépendantes de la récidive. Les garçons qui ont les meilleurs résultats sur les tests psychologiques ne récidivent ni plus ni moins que les autres et les garçons qui progressent le plus pendant le séjour en institution ne récidivent ni plus ni moins que ceux qui ne progressent pas (Bossé et Le Blanc, 1980 A, p. 150 et 186 ; Bossé et Le Blanc, 1980 B, p. 15). Les acquisitions psychologiques auraient un intérêt pour l'analyse du contrôle de la délinquance si elles étaient associées à la récidive, mais comme elles semblent en être tout à fait indépendantes, il n'est pas très utile de les étudier, du moins pas dans ce contexte-ci. Ainsi, quand on dit que les traitements sont inefficaces, la proposition ne vaut que pour la récidive ; il n'est pas exclu que, par ailleurs, ils aient des effets bénéfiques sur l'équilibre psychologique des délinquants.

Bien des délinquants ne récidivent pas

Par l'« effet zéro », on ne veut évidemment pas dire que tous les délinquants qui subissent une mesure pénale récidivent. En fait, le niveau de récidive varie beaucoup selon les groupes examines, mais il n'est jamais de 100%. Dans les échantillons les plus représentatifs de la totalité des délinquants qui entrent dans un réseau donné, on trouve généralement une majorité de sujets qui tôt ou tard se réhabilitent. Deux exemples : Dans un échantillon de 2 543 mineurs de justice français, 58% des sujets étaient réhabilités 15 ans après l'intervention (Breuvart et al., 1974, p. 20). Dans un échantillon de 1015 détenus des prisons fédérales américaines, Glaser (1964, p. 20) avait rapporté un taux de succès de 65% (non-récidive après quatre ans). Par effet zéro, on veut dire que l'introduction d'une mesure thérapeutique quelconque, lors d'une intervention pénale, ne change

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