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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)42

traitement communautaire, les sujets du groupe expérimental étaient moins souvent réincarcérés que ceux du groupe contrôle. Cependant une analyse serrée des chiffres publiés dans les rapports de recherche devait montrer que les agents du « Community treatment project » recommandaient beaucoup moins facilement la révocation de la libération conditionnelle de leurs clients que les autres employés des services correctionnels de la Californie, de qui relevaient les sujets du groupe contrôle (Lerman, 1975, p. 65). La mesure de succès obtenue dépendait donc, pour une bonne part, de la conduite des agents et pas seulement de celle des délinquants. C'est ce qui faisait dire ironiquement à Lerman que le projet avait réussi à changer la conduite des agents, mais que celle des clients, elle, n'avait pas changé. Effectivement, quand Lerman (1975, p. 63) comparait les actes délinquants commis par les sujets des deux groupes, il ne trouvait pas de différence significative : les uns et les autres commettaient autant de délits contre la personne et contre la propriété.

Puis, nouveau rebondissement, Palmer (1975 et 1978), un des principaux chercheurs du « Community treatment project », montre que certaines catégories de clients réussissent mieux dans le groupe expérimental que dans le groupe contrôle. Ce chercheur avait distingué deux catégories de délinquants. Le premier groupe était constitué de garçons qui avaient un conflit interne et qui se situaient à un niveau relativement élevé de maturité interpersonnelle (conflicted). Dans le second groupe, on trouvait des garçons qui avaient tendance à établir avec autrui des relations fondées sur la manipulation et le rapport de forces (power oriented). Les sujets caractérisés par un conflit interne récidivent moins souvent à la suite d'un traitement communautaire qu'après un séjour en institution. Par contre, ceux qui se caractérisent par la manipulation et le rapport de forces ont des taux de récidive plus élevés après le traitement communautaire qu'après le placement en institution (Palmer, 1978, p. 44). Comme le souligne Wilson (1980, p. 8) qui commentait ces résultats, il semble donc y avoir des sujets réceptifs qui commettent moins de délits après le traitement, mais si, au total, il n'y a pas de différence, c'est aussi qu'il y a des sujets non réceptifs qui en commettent plus que ceux du groupe contrôle après avoir été traités.

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