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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)43

Des indications allant dans le même sens avaient déjà été trouvées lors d'une évaluation de psychothérapies individuelles (Adams, 1962). Avant la mise en oeuvre du programme, on avait demandé aux cliniciens de classer des délinquants en institution selon qu'ils étaient réceptifs (amenable) ou non réceptifs au traitement. Les sujets réceptifs étaient, semble-t-il, des gens intelligents, anxieux, capables de s'exprimer, conscients d'avoir un problème, faisant preuve d'insight, désireux de changer et acceptant le traitement. Après l'intervention, on découvrit que ces sujets réceptifs avaient un taux d'échec (mesuré par le retour en prison ou en institution) significativement plus bas s'ils avaient été traités que s'ils ne l'avaient pas été. Mais, chez les sujets non réceptifs, le traitement était suivi d'un taux d'échec plus élevé que l'absence de traitement. Il semble que, dans ce cas, la psychothérapie ait aidé les clients réceptifs, mais qu'elle ait nui à ceux qui ne l'étaient pas.

Devant ces faits, des auteurs comme Glaser (1974), Palmer (1975) et Wilson (1980) ont avancé l'hypothèse selon laquelle il existe une catégorie de délinquants qui profitent des psychothérapies. Leurs caractéristiques seraient les suivantes.

1. Ils ont un niveau de maturité interpersonnelle relativement élevé ; ils tiennent compte d'autrui, communiquent facilement et possèdent des valeurs intériorisées. De plus, ils éprouvent de l'anxiété en face de leur délinquance, ce qui, vraisemblablement, suscite chez eux de la culpabilité.

2. Ils ont un réel désir de changer et de s'améliorer et, de ce fait, acceptent de collaborer au traitement.

3. Ils sont relativement peu engagés face à la délinquance. Plus précisément, ils n'ont pas été fortement renforcés par leurs activités répréhensibles et ils n'ont pas eu d'expériences trop négatives dans leurs activités légitimes (Glaser, 1974, p. 147). On pourrait donc croire qu'ils balancent entre un style de vie honnête et une vie criminelle. Cette indécision se traduit, sur le plan du pronostic, par le fait qu'ils présentent un « risque moyen » de récidiver : ils n'ont une probabilité ni très grande ni très faible de se faire arrêter de nouveau.

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