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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)44

Ceci dit, on ne peut pas penser que l'intervention thérapeutique aura des effets miraculeux : même avec cette catégorie de sujets, elle ne semble susciter qu'une amélioration mineure sur le plan de la récidive. D'autre part, les délinquants psychologiquement évolués, désireux de changer et présentant un risque moyen de récidiver ne constituent probablement qu'une minorité (difficile à chiffrer) d'une population totale de délinquants. On ne peut donc pas s'attendre à ce que la mise en oeuvre d'une psychothérapie au sein d'un groupe de détenus ou de probationnaires puisse améliorer substantiellement la situation ; d'autant plus que cette mesure risque, comme le rappelle Wilson (1980, p. 8), d'avoir pour résultat que certains sujets non réceptifs commettront plus de crimes à cause du traitement.

On peut donc conclure en affirmant que l'hypothèse de l'« effet zéro » n'est pas invalidée par la réelle possibilité que les traitements produisent des effets différentiels. Elle reste valable globalement : le traitement ne produit pas de différence dans l'ensemble des groupes. Il est cependant possible que cette absence de résultat masque trois évolutions différentes : 1. Certains délinquants réceptifs commettent un peu moins de délits à cause du traitement. 2. Les délinquants non réceptifs en commettent plus à cause du traitement. 3. Les autres ne sont affectés ni positivement, ni négativement par le traitement et ils récidivent - ou ne récidivent pas - pour des raisons totalement étrangères à la psychothérapie. L'addition de ces effets positifs, négatifs et nuls produirait l'effet zéro dont il a été question.

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