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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)49

Le crime est d'autant plus attirant qu'il rend possible un style de vie que le malfaiteur ne peut se permettre autrement. « C'est une vie beaucoup plus simple et plus facile. J'ai été élevé dedans, j'ai grandi dedans et j'ai vécu toute ma vie adulte dedans » (King et Chambliss, 1972, p. 157). La liberté, l'argent gagné et dépensé facilement, les loisirs : le mode de vie criminel n'est pas sans charme et, en comparaison, la vie routinière de monsieur tout le monde semble terne et grise. La récidive ne s'explique pas seulement par l'incapacité de s'adapter à une vie normale, mais aussi par la puissante attraction qu'exerce ce mode de vie sur ceux qui l'ont trop bien connu. La tentation est toujours présente et le risque d'y céder, jamais exclu.

« J'ai découvert quelque chose : il n'y a pas de différence entre un criminel et un alcoolique ou un drogué. Le danger de retourner à son ancienne vie est toujours là, je le sais. Parfois je suis déprimé ; je me sens réellement mal et je ne comprends pas pourquoi je marche droit, je ne peux y trouver quelque signification que ce soit. Je faisais du bon argent, je vivais bien et j'ai survécu au pénitencier. Ça faisait partie de ma vie de criminel. Alors je ne sais pas ce que je fais de ce côté-ci de la clôture » (King et Chambliss, 1972, p. 143).

Par opposition, les délinquants qui ont commis assez tardivement quelques délits, fussent-ils graves, et qui ont connu la terrifiante expérience de la prison ont infiniment moins de chances de récidiver. Pour eux, le crime n'est pas une solution habituelle, longuement renforcée et qui répond à un besoin. Il n'ont pas expérimenté le mode de vie délinquant et celui-ci n'exerce aucune fascination sur eux. Les crimes qu'ils ont commis - généralement meurtre, escroquerie ou détournements de fonds - dans un moment de désespoir, n'ont laissé que des souvenirs désagréables. Ils n'ont aucun goût d'y revenir. Ils ne céderont pas à la tentation tout simplement parce que celle-ci ne se représentera plus.

L'immaturité

« Je ne connais pas de voyous qui ne soient des enfants »(Genet, 1949, p. 132).

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