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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)54

des échecs dans leur emploi (Glaser, 1964, p. 359 ; Glueck et Glueck, 1974, p. 125 ; Waller, 1974, p. 174). Il est évident que l'abandon du crime passe par un emploi satisfaisant.

Par ailleurs, il est démontré que les ex-détenus, au moins pendant la première année qui suit leur sortie de prison, sont extrêmement mal payés et qu'ils doivent se résigner à accepter des travaux pénibles et rebutants. Dans ces conditions, rares sont ceux qui se disent satisfaits de leur travail (Glaser, 1964, p. 334 ; Irwin, 1970, p. 134 ; Waller, 1974, p. 98-99). Le problème pour les ex-détenus n'est généralement pas de trouver un emploi, mais bien d'en trouver un qui soit le moins insatisfaisant possible.

Encore faut-il qu'ils veuillent travailler. Il se trouve un bon nombre de délinquants qui ont le travail en aversion. Ils ne se chercheront alors un emploi que pour satisfaire aux exigences de la libération conditionnelle et, s'ils sont embauchés, ils abandonneront ou pousseront leur patron à les congédier. Restent les autres, c'est-à-dire ceux qui désirent vraiment travailler. Il ne faut pas sous-estimer les difficultés qu'ils rencontrent.

Comme le soulignent Glaser (1964, p. 361) et Irwin (1970, p. 134), le principal obstacle à l'embauche d'un ex-détenu n'est pas tant son dossier criminel que son manque de formation professionnelle et d'expérience au travail. Pour la plupart, ils ont quitté l'école prématurément, n'ont pas appris de métier, ont connu de longues périodes d'inactivité et ont changé constamment d'emploi. Avec de tels antécédents, s'ils remplissent honnêtement les formulaires de demande d'emploi, l'impression ne sera pas excellente. Les employeurs ne seront pas attirés par ces candidats peu qualifiés qui leur présentent une liste interminable d'emplois entrecoupés de périodes de chômage.

Les détenus qui ont eu l'occasion de travailler, ou d'apprendre un métier en prison ne sont pas tellement mieux lotis. Car, sur le plan du travail, la prison n'est pas une bonne école : les techniques et l'équipement y sont démodés, le rythme de travail et la productivité sont inférieurs à la normale. Ce que les détenus apprennent en prison ne les prépare qu'exceptionnellement au marché du travail.

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