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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)59

n'a pas connu son père ; n'a aucune formation professionnelle ; il est alcoolique ; à sa libération, il ne peut se trouver de travail et n'a pas de famille pour l'accueillir.

Si on entreprend de réhabiliter cet homme, la psychothérapie, pour être efficace, devra neutraliser l'influence des facteurs suivants :

1.des habitudes criminelles enracinées au fil de ses huit années d'activité délictueuse et qui lui donnent une puissante motivation à continuer ;

2.une immaturité qui, peut-être, se résorbera dans cinq ou dix ans mais qui, entre-temps, le rend incapable de s'organiser en fonction de l'avenir ;

3.d'insurmontables difficultés à se trouver du travail à cause de son manque de formation et d'expérience ;

4.la solitude qui le pousse, n'ayant pas de famille, à retrouver ses pairs délinquants.

Songeons maintenant à un criminel qui est à l'autre extrême sur le plan de la probabilité de récidiver (car les traitements sont souvent donnés indistinctement aux très bons comme aux très mauvais risques). Imaginons un comptable de 40 ans, sans aucun antécédent judiciaire, qui n'a aucun handicap particulier et qui, lors d'une crise de jalousie, a tué sa femme. Cet homme n'a aucune habitude criminelle et aucun goût de commettre un nouveau crime. Ses chances de trouver un emploi sont excellentes. Là aussi la psychothérapie n'aura aucun effet sur la récidive, non parce qu'il commettra un nouveau crime, mais parce que au départ, il était extrêmement improbable qu'il recommence.

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