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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)63

voir avec la maladie. Le crime n'est vécu ni comme une souffrance ni comme une maladie ; il est au contraire plaisir, profit et liberté. La maladie c'est la vie au ralenti ; le crime, pour certains criminels, c'est la vie à son plus haut niveau d'intensité ; le moment pendant lequel ils se sentent puissants et libres. Voilà des réalités que les cliniciens n'admettent pas facilement. Et quand ils rencontrent un criminel qui les avoue, il vont jusqu'à nier l'évidence.

« Il n'y avait pas moyen pour moi d'échapper à la thérapie de groupe puisque j'admettais candidement que j'étais voleur parce que je jouissais de la stimulation qu'apporte le crime et à cause de mon aversion extrême pour la semaine de quarante heures. Ça n'allait pas du tout dans un système basé sur la prémisse qu'un voleur ne l'est jamais par choix, mais sous l'influence d'un « ça » pervers. L'horreur de la nature pour le vide n'est rien, je vous l'assure, à côté de la répugnance qu'éprouvent les psychologues devant une explication simple et directe » (MacIsaac, 1968, p. 69).

« Il croyait que, dans son coeur, le criminel voulait retourner dans le droit chemin, mais qu'il était trop stupide ou trop fier pour l'admettre. Et si ça n'était ni l'un ni l'autre, alors il était une pauvre âme aveugle qui ne pouvait pas s'aider elle-même.

Dans mon cas, ils se trompaient. Ils se trompaient radicalement. Et tous et chacun échouèrent. Aucun d'eux n'a même réussi à faire le premier pas » (Parker et Allerton, 1962, p. 142).

Ces hommes refusent de délaisser leurs activités criminelles et ils refusent aussi le mode de vie. qu'on leur propose en échange. Un petit emploi mal payé ? Se lever tous les matins pour aller travailler ? La sécurité ? Le mariage ? Ils n'en veulent pas ! (Parker et Allerton, 1962, p. 134 et 141).

Dans de tels cas, l'intervention thérapeutique ne démarre jamais véritablement. D'autant plus que, souvent, le client n'éprouve aucune culpabilité devant ses actes. Dans des pages assez pessimistes, De Greef (1942) constatait que si les criminels regrettent souvent d'avoir fait une « bêtise » qu'ils doivent payer de leur liberté, ils ne vont pas, ou très rarement, jusqu'à regretter d'avoir fait une faute ou d'avoir causé un dommage irréparable - dans le cas de meurtre - à leur prochain. La plupart du temps, écrit le criminologue de Louvain,

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