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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)74

dans ce lieu mal famé 15, et bientôt le combat, car c'en est un, cesse faute de combattants et au soulagement de tous.

Ceci, bien des praticiens l'entrevoient et ils décident d'agir avant qu'il ne soit trop tard. Mais que faire ? Que faire quand les exhortations, les conseils, les bonnes paroles sont, de toute évidence, inefficaces ? Comment faire pour forcer le consentement des récalcitrants ?

La loi de la survivance des peines

Un jour, le praticien trouve la réponse à ces questions : la punition est l'ultime recours pour faire cesser le désordre. C'est ce qu'écrivait, à propos de la détention, Warren et ses collaborateurs du « Community treatment project » : « La détention temporaire est une méthode de contrôle qui s'est avérée efficace dans plusieurs cas. Plus important, c'est la seule méthode de contrôle qui se soit révélée efficace avec certains jeunes. Cette technique de traitement est vitale dans les mesures communautaires et le fait d'en restreindre l'usage ou de l'éliminer mettrait en danger le succès ou la survivance de ce programme » (Lerman, 1975, p. 43).

Voilà qui explique pourquoi, malgré que l'on ait constamment présenté les traitements comme des solutions de rechange aux peines, ces dernières n'ont jamais disparu des programmes de traitement eux-mêmes. Nous sommes ici en présence d'une véritable loi que j'appellerai de. survivance des peines. Cette loi peut être formulée en ces termes :

15 Ce refus des juges de placer dans des établissements où les délinquants sont assurés de l'impunité explique, peut-être, la forte baisse, en France, du recours aux équipements éducatifs et la hausse parallèle des sanctions pénales. En 1951, 19% des jeunes jugés étaient placés dans un équipement éducatif (2 747 placements éducatifs sur 14 791 jugés), en 1977 seulement 2,6% des jeunes bénéficiaient d'une mesure éducative (1 613 sur 61936).

Parallèlement, les mesures pénales augmentent : en 1954 : 10,5% des jugés, en 1961 23,4%, en 1977 : 32,6% (Henry et al., 1978, p. 209, 210).

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