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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)78

conséquences à l'acte, contrôle externes, retrait (pour désigner le cachot) etc. 17.

La relation thérapeutico-répressive

Voilà comment les cliniciens se résignent à une thérapie musclée qui est bien loin de leur idéal. Dès ce moment, ils se mettent à jouer un jeu qui n'est ni très clair, ni très honnête, et qui ne peut l'être parce qu'il repose sur la négation d'un aspect central de la réalité, à savoir le conflit irréductible qui oppose le délinquant à la société. On a cru, par les psychothérapies, pouvoir protéger la société sans heurter le délinquant.. Mais, à partir du moment où l'activité criminelle est profitable pour son auteur, on ne voit pas comment l'empêcher de continuer sans ajouter, par la peine, des coûts à son entreprise. Et, à partir du moment où les autorités donnent à des experts le mandat de défendre la société, on ne voit pas comment ceux-ci pourraient éviter de recourir à des mesures répressives. Mais plutôt que d'avoir le courage de reconnaître cet inévitable conflit, les thérapeutes ont prétendu être du côté du délinquant, sans être contre la société, et être pour la société, sans être contre le délinquant. Cette situation fausse a conduit inévitablement à ce que j’appellerai la relation « thérapeutico-répressive », véritable marché de dupes où le praticien prétend agir pour le bien du délinquant, mais, comme il est plus ou moins conscient du fait que les citoyens veulent être protégés, il est nécessairement conduit à imposer des contraintes qu'il dissimule sous un jargon pseudo-scientifique.

De l'autre côté, le détenu ne s'y trompe pas ; même si on lui parle de compréhension et d'aide, il voit bien qu'il est soumis à un pouvoir contraignant : celui qui, devant lui, fait étalage de bienveillance est bien capable de faire un rapport qui prolongera son incarcération.

17 Il semble que la seule méthode connue pour éviter cette escalade des mesures répressives soit l'usage combiné de la sélection et de l'expulsion. Par la sélection à l'entrée du programme, on n'accepte que les clients susceptibles de coopérer. Par l'expulsion, on renvoie ceux qui, pendant le traitement, cessent de faire preuve de bonne volonté. Cette épuration permet de garder les « bons cas » et d'éliminer les « durs » et les récalcitrants.

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