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Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)83

engendrer des erreurs. Comme il désire avec ardeur la réforme des criminels, il y croit facilement » (Beaumont et Tocqueville, 1833, p. 149).

Est-il juste de traiter différemment deux hommes qui ont commis le même délit ? - L'égalité est à la base de l'exigence de justice : des hommes semblables sur un critère pertinent doivent être traités de la même façon. La plupart des gens trouveront juste que des hommes qui ont commis le même crime soient également punis. Ici encore, au nom de l'individualisation, on a mis de côté cette notion. Avec des résultats pour le moins contestables. Sur ce point, Wilson (1975) a proposé un exemple sur lequel il n'y a rien à ajouter.

« Si le but poursuivi est la réhabilitation et si les personnes diffèrent dans leurs aptitudes à être réhabilitées, alors deux personnes ayant commis exactement le même crime et, dans des circonstances rigoureusement identiques, peuvent recevoir des sentences très différentes, violant ainsi le sens de la justice des criminels et le nôtre. La sentence indéterminée, largement utilisée dans de nombreux États, est représentative de l'idéal de réhabilitation. Un -détenu sera élargi d'une institution, non pas au bout d'une période fixée à l'avance, mais lorsque quelqu'un (un comité de libération conditionnelle ou un comité de détermination de fin de sentence) décidera qu'il est « prêt » à être relâché. Si on applique rigoureusement cette théorie en s'appuyant sur les facteurs de récidive connus, ceci voudrait dire que si deux personnes commettent ensemble un vol qualifié dans un magasin d'alcool, celui qui est jeune, noir, peu éduqué, provenant d'un foyer brisé, et ayant des antécédent d'abus de drogue, sera gardé indéfiniment en prison, tandis que l'autre, qui est blanc, plus âgé, provenant d'une famille intacte, possédant un diplôme d'études secondaires et sans expérience de drogue sera libéré presque immédiatement. Non seulement le jeune Noir, mais la plupart des observateurs impartiaux vont trouver cette issue profondément injuste » (Wilson, 1975, p. 171).

Les décisions arbitraires sont-elles acceptables ? - Selon un autre principe de justice, les décisions qui touchent au bien-être des individus ne devraient pas être prises arbitrairement, mais selon des règles clairement énoncées d'avance. Les hommes sont alors soumis aux lois et non au pouvoir discrétionnaire de quelques-uns ; et les décisions ont l'avantage d'être prévisibles et impartiales. Ce principe n'est évidemment pas reconnu dans les philosophies thérapeutiques :

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