X hits on this document

757 views

0 shares

0 downloads

0 comments

99 / 348

Maurice Cusson, Le contrôle social du crime (1983)99

Il nous faut donc trouver une mesure de la conscience qui soit indépendante du comportement. Récemment, différentes équipes consacrées à la recherche sur la délinquance cachée 19 isolaient un aspect spécifique de la conscience morale en mesurant les réactions de désapprobation devant divers délits. Il ne s'agit naturellement que d'une dimension limitée du phénomène, mais elle a l'avantage d'éviter la tautologie. Celui qui désapprouve fortement le vol, par exemple, démontre qu'il réagit moralement devant cet acte. Cette attitude est-elle en rapport avec sa conduite ? Il sera possible de répondre en mettant en relation :

1.une variable qu'on peut appeler conviction morale devant la délinquance ;

2.le nombre de délits commis par les répondants.

En 1974, à un échantillon représentatif des adolescents de l'île de Montréal âgés de 12 à 16 ans, on posait une question qui se lisait comme suit :

« Jusqu'à quel point êtes-vous en accord ou en désaccord avec des adolescents de votre âge qui prennent quelque chose de grande valeur (cinquante dollars et plus) qui ne leur appartient pas ? »

Cinq réponses étaient proposées :

Tout à fait d'accord.

D'accord.

Indécis.

Pas d'accord.

Tout à fait en désaccord.

D'autres questions très semblables avaient été posées ; elles visaient à mesurer les réactions évaluatives des adolescents à d'autres infractions : vol à l'étalage, vandalisme, etc. Les réponses étaient additionnées pour constituer ce qu'on appela un indice d'adhésion aux normes : plus un adolescent désapprouvait le vol et les autres délits, plus son adhésion aux normes était forte. Lorsque cette variable

19 Appelée aussi délinquance révélée ; c'est la délinquance connue par les aveux d'adolescents qui répondent à des questionnaires.

Document info
Document views757
Page views757
Page last viewedMon Dec 05 04:36:52 UTC 2016
Pages348
Paragraphs2523
Words106345

Comments