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M. Labelle et D. Salée, “La citoyenneté en question: l’État canadien...” (1999)11

confère-t-elle et, à l'inverse, quelles obligations suppose-t-elle ? À qui doit-on réserver le « privilège » de la citoyenneté ? Comment vivre ensemble selon des paramètres communs, par-delà des différences qui opposent et divisent ? 3 Crise de la cohésion sociale, diront certains ; crise, aussi, de la citoyenneté. Les tentatives actuelles de rétablissement de la cohésion sociale au Canada participent en quelque sorte d'interrogations sur les paramètres fondamentaux de la citoyenneté. Les réflexions qui ont présentement cours touchent aux dimensions les plus diverses de la dynamique sociale : disparité croissante des revenus, pauvreté, coûts sociaux de l'État-providence, union sociale, citoyenneté participative, etc. Cependant, pour les fins du présent article, nous nous limitons à l'analyse d'une dimension qui a mobilisé une large part du discours public sur la question de la citoyenneté au Canada : l'immigration et la gestion de la diversité culturelle et nationale. En effet, si l'on reconnaît généralement que la diversité est un des traits positifs de la société canadienne, on réalise qu'elle n'est pas sans poser problème lorsqu'il s'agit de constituer une identité et un système de valeurs communs. Le document du Bureau du Conseil privé cité plus haut note, non sans inquiétude, l'absence ou la fragilité de symboles nationaux qui fassent consensus, de même que le nombre limité de points communs qui pourraient rallier tous les Canadiens. La multiplicité des référents identitaires des Canadiens représente de toute évidence un obstacle avec lequel il faut savoir composer. « La réussite du Canada au cours du prochain millénaire, concède-t-on, est dans une large mesure fonction de son aptitude à cultiver à long terme, un ensemble de valeurs et de symboles communs » (Canada, 1996, p. 331).

Si tant est qu'il s'agisse là de la clé de la réussite, reste à savoir comment on entend s'y prendre. Depuis quelques années, le gouvernement canadien s'emploie à reconfigurer et à solidifier les fondements du sentiment d'appartenance à la communauté politique

3 Au Canada, certains estiment que la question du Québec a initialement déclenché ces interrogations, mais il est clair aujourd'hui que la menace actuelle d'affaiblissement de l'unité nationale ne participe pas seulement de celle-ci. Les problèmes d'unité qui se sont faits jour à travers les multiples réflexions et consultations publiques qui, depuis Meech, ont porté sur le sens et le contenu à donner à la communauté politique canadienne, débordent largement la seule question du Québec. Voir Rocher et Salée, 1993.

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