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M. Labelle et D. Salée, “La citoyenneté en question: l’État canadien...” (1999)13

Le Canada s'est doté au début des années 1970 d'une politique du multiculturalisme divulguée à la Chambre des communes sous forme de déclaration du Premier ministre de l'époque, Pierre E. Trudeau, dans laquelle la diversité (ethnique) était présentée comme l'essence de l'identité canadienne. L’objectif de cette politique consistait à assurer le maintien et l'épanouissement de l'identité culturelle des minorités ethniques en favorisant leur attachement aux coutumes et à l'histoire de leur pays d'origine. Elle visait aussi à protéger les droits humains et civils sans distinction de race ou de culture.

En 1988, une nouvelle Loi sur le multiculturalisme vient réviser et rafraîchir cette première politique. Elle réaffirme entre autre que « la diversité culturelle est une caractéristique fondamentale de notre société et une composante essentielle du fait d'être Canadien » et « reconnaît l'importance de chacun et chacune d'entre nous dans le façonnement de l'identité canadienne ». Elle est fondée sur le principe que ce sont tous les Canadiens, y compris le gouvernement, qui doivent changer la société et voir à l'élimination de la discrimination fondée sur le racisme (Canada, 1990). Les éléments constitutifs de la diversité font explicitement référence à des critères définis en fonction de la race, de la nationalité d'origine, de l'origine ethnique, de la couleur de la peau et de la religion. La dimension linguistique est abordée selon les dispositions de la Loi sur les langues officielles. Cette dernière proclame l'égalité de statut du français et de l'anglais comme langues officielles du Canada et affirme que ni l'une ni l'autre ne doivent porter atteinte aux droits et privilèges des autres langues (Canada, 1990, p. 4).

L'esprit de la nouvelle loi, semble-t-il, va plus loin que ce que la politique originelle prévoyait. Elle repose en effet sur l'idée que la diversité culturelle est une réalité permanente et centrale, non pas marginale ou éphémère ; davantage qu'une simple politique culturelle, elle comprend des dimensions sociales, politiques et économiques ; elle s'adresse à tous les Canadiens et à toutes les institutions et non pas seulement aux groupes ethniques ; elle dit promouvoir la participation entière et équitable des individus et des communautés de toutes origines à l'évolution de la nation, au façonnement de tous les secteurs de la société et vise à l'élimination de tout obstacle à cette participation ; elle cherche à favoriser la reconnaissance et l'estime

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