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M. Labelle et D. Salée, “La citoyenneté en question: l’État canadien...” (1999)14

réciproque des diverses cultures du pays, et à encourager l'expression et les manifestations progressives de ces cultures dans la société canadienne ; elle entend enfin maintenir et favoriser l'usage des langues autres que les langues officielles.

Malgré ces visées, l'État canadien sent l'importance de renouveler son approche en matière de gestion de la diversité ethnoculturelle et amorce un changement de cap à l'égard de ses positions traditionnelles sur le multiculturalisme à partir du début des années 1990. Il faut rappeler que depuis le début des années 1970, l'État canadien s'est employé à favoriser l'émergence d'un nationalisme civique canadien. La politique de multiculturalisme, le rapatriement de la constitution en 1982 et la constitutionnalisation de la Charte des droits et libertés participèrent de cette démarche (Bourque et Duchastel, 1996 ; Laforest, 1992). Or, devant les reproches de ghettoïsation des minorités ethnoculturelles et visibles que d'aucuns adressaient de plus en plus à la politique du multiculturalisme, devant les critiques et les manifestations d'insatisfaction de plus en plus nombreuses à l'endroit de l'idée que semble se faire l'État du multiculturalisme (Abu-Laban et Stasiulis, 1992), devant les oppositions, enfin, à de possibles excès du multiculturalisme (Bissoondath, 1994), l'État canadien cherche dorénavant à revaloriser la citoyenneté canadienne, à trouver des moyens de renforcer la cohésion et l'unité de la société canadienne par-delà la diversité culturelle. Tout en prônant sa politique de multiculturalisme, il cherche à mettre davantage en évidence le sentiment d'appartenance au Canada. En fait, l'État canadien force, sur le plan du discours, le retour du balancier vers la citoyenneté.

C'est ainsi que sans faire table rase des pratiques autrefois en vigueur, on admet que l'époque est révolue où le multiculturalisme était associé d'emblée à l'encouragement des particularismes par le biais de subventions aux programmes de maintien des langues et des cultures d'origine. « Alors que, par le passé, » note un rapport du Comité permanent du multiculturalisme et de la citoyenneté, « le multiculturalisme s'est occupé de la préservation et de la promotion des cultures ancestrales, il faudrait dorénavant qu'il mette l'accent sur une citoyenneté à la fois diverse et commune et sur la promotion de l'égalité et la lutte contre le racisme » (Canada, 1991b, p. 1).

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