X hits on this document

147 views

0 shares

0 downloads

0 comments

21 / 50

M. Labelle et D. Salée, “La citoyenneté en question: l’État canadien...” (1999)21

partenariat s'impose au cours de ces années, mais, selon des experts sur la question, les décisions qui sont alors prises par l'État en matière d'immigration impliquent une surveillance soutenue -qui n'est pas sans exclure une certaine manipulation - des points de vue exprimés par le public et les principaux leaders institutionnels (Simmons et Keohane 1992, pp. 444-445). Pour Simmons, la mondialisation est en effet un processus économique et politique intimement lié au néolibéralisme (Simmons, 1996 ; Simmons et North, 1997) qui implique l'expansion et la libéralisation du commerce international, la circulation rapide du capital et des changements importants dans le régime des migrations internationales, alors que les émigrants potentiels dans les pays pauvres font face à une augmentation des restrictions légales et à des barrières croissantes (Simmons et North, 1997, pp. 4-8).

Depuis 1993, les orientations de l'État en matière d'immigration et de gestion de demandes d'asile se sont précisées et le discours étatique se montre de plus en plus favorable à la mise en place d'un certain « protectionnisme » canadien (Young, 1996). La capacité du Canada d'intégrer correctement les nouveaux arrivants suscitant des inquiétudes, l'État a revu à la baisse les niveaux d'immigration pour les années 1995-2000 qu'il établit à 195 000-220 000. Pour justifier cette baisse, l'État constate que dans un contexte où « les ressources, autrefois abondantes, sont aujourd'hui, limitées », l'immigration doit être fondée sur « ... l'équité, la viabilité, le partenariat et la capacité de payer des Canadiens » (Canada, 1994a, pp. viii-ix). On visera à privilégier l'accueil d'immigrants dont les compétences pourraient directement bénéficier au Canada (Young, 1996). On insiste particulièrement sur le partenariat avec les provinces (Accords Canada-Québec, Canada-Colombie britannique, etc.) en matière de plans d'immigration, de sélection adaptée aux objectifs des provinces, de coordination des programmes d'intégration (avec les municipalités, les commissions scolaires et les ONG), des programmes d'établissement, de concertation pour assurer le respect des règles des programmes gouvernementaux (ex. santé et services sociaux) et de partage des renseignements et des résultats de recherche « pour améliorer la gestion des programmes et pour minimiser les risques d'abus » (Canada, 1994a, p. 5).

Document info
Document views147
Page views147
Page last viewedWed Dec 07 11:36:20 UTC 2016
Pages50
Paragraphs320
Words15273

Comments