X hits on this document

159 views

0 shares

0 downloads

0 comments

26 / 50

M. Labelle et D. Salée, “La citoyenneté en question: l’État canadien...” (1999)26

économique et dans la gestion étatique de la demande sociale que suit le Canada depuis le milieu des années 1980 (plus grande autonomie par rapport à l'État qui fait valoir qu'il ne peut - et ne doit - pas intervenir dans la dynamique du marché de travail en agissant sur l'offre et la demande d'emploi (Canada, 1998c, p. 28).

Plus fondamentalement, les nouvelles orientations visant le contrôle de l'immigration découlent de l'option sécuritariste qui mobilise les autorités politiques canadiennes (comme celles des principaux pays industrialisés) 8. La logique sécuritariste appelle un plus grand contrôle de la qualité des personnes admises au sein de la communauté canadienne et est en lien organique avec le nouveau projet de Loi sur la citoyenneté, notamment en ce qui a trait à la création d'une carte de séjour permanent comme témoignage de l'attachement au Canada.

Pour Lisa Marie Jakubowski (1997) qui a étudié le processus de formulation et de mise en oeuvre de la politique d'immigration actuelle, il faut voir dans ce langage délibérément neutre et dépolitisé une autre manière de signifier que l'État canadien entend s'assurer que les immigrants susceptibles de contribuer de manière significative à l'économie du pays (immigrants investisseurs) se verront accorder la priorité d'accueil ; que les nouveaux arrivants seront l'objet d'un processus de sélection extrêmement rigoureux, voire discriminatoire ; que leur adhésion aux principes et aux normes socio-institutionnelles en vigueur constitue une condition sine qua non d'obtention de la citoyenneté ; et que seuls les réfugiés qui peuvent, hors de tout doute, être légitimement considérés comme tels auront droit à ce statut.

8 À cet effet, depuis 1989, Immigration Canada exige des tests d'ADN auxquels sont soumis des immigrants : ces tests visent à déterminer s'il y a un lien de parenté biologique entre un candidat au parrainage et les membres de sa famille qui acceptent de le parrainer. Les coûts des tests d'ADN représentent 325$ par personne parrainée, empochés par la firme Hélix Biotech, de Colombie-Britannique, coûts qui s'ajoutent aux dollars requis au fédéral et au Québec. En 1996, Immigration Canada aurait exigé près de 2 756 tests. Près de 10% (272) des personnes qui ont dû passer ce test se sont vues refuser l'entrée au Canada. Dans le cas de certains groupes, le pourcentage d'échec est plus élevé. Le taux d'échec des Haïtiens, par exemple, est de 31% (87 tests sur 283), celui des Jamaïcains, de 15% (27 sur 184) (Berger, 1997).

Document info
Document views159
Page views159
Page last viewedFri Dec 09 08:09:48 UTC 2016
Pages50
Paragraphs320
Words15273

Comments