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Inventaire du 21e siècle - page 101 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).101

aucun jugement global ne peut encore être formulé, tant l'appareil financier y mêle l'archaïque, les énormes séquelles de l'étatique-socialiste (en termes bancaires, mais aussi en interpénétration du budgétaire et du bancaire) et les innovations importées, mais non encore pleinement reliées entre elles. Au total, il faudra sans doute une ou deux décennies encore pour que le profil général de cet appareil chinois se clarifie, étant bien entendu que durant ce laps de temps des orientations politiques auront à être précisées et que des crises d'origine variée, mais à retentissement financier pourraient advenir. Quant à l'Asie occidentale, même si l'on fait abstraction de la banque "islamique" qui tente derechef d'y percer 90, on doit se garder de confondre le décor (bancaire plus que boursier) qui s'est presque partout modernisé, avec la substance même d'un appareil où les traditions du capital marchand et les tentatives étatistes sont mêlées de diverses façons. Reste l'Afrique où la bancarisation qui était peu de chose avant la décolonisation, est loin d'avoir poussé des racines depuis lors. Le Maghreb et quelques rares États de l'Est et de l'Ouest sont à demi équipés de réseaux modestes (faute d'un suffisant tissu d'entreprises sur lequel se connecter). En Afrique australe, la situation est déjà plus mûre, mais sans atteindre un niveau comparable à celui de l'Australie et de la Nouvelle Zélande, où la banque à l'anglaise est aussi développée que le permettent l'économie locale et ses connexions internationales. La Russie, enfin, qui s'efforce vaille que vaille d’occidentaliser son appareil financier, mais n'a pas encore fini de bâtir les contrôles qui l'abriteraient des scandales, ni commencé à irriguer son immense territoire par un réseau suffisant.

Ainsi, en maintes parties du monde actuel, on est encore loin - et parfois très loin - de Wall Street et de son environnement financier. Rien ne garantit, d'ailleurs, que le système mondial tout entier soit en marche vers un système bancaro-boursier et assurantiel qui ressemblerait finalement à celui des États- Unis, d'autant qu'il faut dès aujourd'hui s'interroger sur la pérennité de la primauté américaine dans la finance mondiale.

Cette primauté est aujourd'hui évidente, même si le réseau mondial des banques américaines est moins dense et moins bruyant que celui des bases militaires. Le $ qui forme la majeure partie des réserves de toutes les banques centrales et qui sert de monnaie de facturation et de paiement pour une large partie du commerce international a d'autres vertus plus discrètes: il met les États-Unis à l'abri des crises de change. En effet, quand celles-ci les menacent, il leur suffit de changer les règles du jeu, comme ils l'ont fait en 1971-76 (mort de Breton-Woods), en 1982 (première crise mexicaine) ou en 1987 (effondrement boursier) pour que leur situation s'assainisse. Depuis l'élection de Bush junior (2000) à la Maison Blanche, un nouveau dosage des dépenses militaires et des réductions d'impôts pour les contribuables fortunés a rapidement creusé le déficit des finances

90 Cette banque confinée dans un refus médiéval de l'intérêt, offre à ses déposants de participer aux profits d'entreprise que ses crédits procurent, ce qui ouvre un vaste espace d'imprécision ( mal contrôlable et très mal annualisable) propice à divers dérapages. De précédentes tentatives ont connu un fiasco, en Egypte notamment, d'autres végètent de ci de là.

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