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Inventaire du 21e siècle - page 104 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).104

plus modestement, liés entre eux et avec les deux superpuissances régionales par un réseau serré d'accords de swaps entre banques centrales, voire par une transposition plus complète du Système Monétaire européen donneraient une très forte identité monétaire à l'Asie orientale - et plus encore si l'Inde se joignait à ce mouvement et y entraînait ses voisins.

Pour éviter d'empiler hypothèses sur hypothèses, je m'abstiens de pousser plus avant cette ligne de réflexion, sans aborder les imitations que la maturation monétaire de l'Asie pourrait susciter, notamment au Proche-Orient et en Amérique latine, les effets connexes qu'elle provoquerait dans le développement et la modernisation des bourses asiatiques ou les ricochets qui en résulteraient pour le FMI et la Banque Mondiale, deux institutions qui ne traverseront pas le 21e siècle sans être profondément réformées et, sans doute aussi, réorientées. Mais il suffit d'avoir entrouvert d'aussi vastes perspectives pour ressentir un besoin manifeste: y a-t-il une voie d'accès vers de telles avancées qui permette de compléter l'inventaire des réformes à opérer par l’esquisse d’une voie rendant accessible la conception, puis la réalisation d'un nouveau système financier international?

Les négociations internationales sur la "libéralisation des services financiers» - comme on dit dans le vocabulaire de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) - ne pourront y mûrir que si elles sont traitées par exception, c'est-à-dire comme des mesures à doser spécialement, aux côtés de l'évolution programmée pour l'ensemble des autres activités économiques. Cette exception financière 95 permettrait d'associer aux négociations les concernant des représentants du FMI, de la BRI et de telles autres institutions ayant à connaître, à l'échelle mondiale ou régionale, des activités financières de toute sorte. Ainsi, les réformes envisageables, leur diversification selon l'état effectif des systèmes financiers régionaux et locaux à former, réformer ou transformer et le calendrier de mise en œuvre par étapes des mesures envisagées pourraient être délibérées en connaissance de cause, avec toutes les parties intéressées. Il ne serait pas anormal qu'après un cycle pluriannuel de débats, des donnant-donnant puissent intervenir, à l'heure des conclusions, entre groupes de pays, comme il est d'usage à l'OMC pour "équilibrer" les concessions réciproques d'ordre économique, avec les concessions et adaptations d'ordre financier (et peut être aussi d'ordre culturel) 96. En tout cas, les procédures d'enquête, d'arbitrage et de sanction inscrites dans un tel accord devraient être agencées en tenant compte de la très forte spécificité du système financier.. La BRI - et peut-être le FMI - pourraient servir de pivot(s) pour ces procédures, à condition que les banques centrales "non déclarantes" à la BRI y soient largement représentées, dans des proportions dûment négociées. Mieux, les évolutions souhaitables du FMI, de la Banque Mondiale et d'autres institutions

95 Qui est l'exception recherchée par ailleurs pour les "produits culturels" qui ne peuvent pas être traités comme des marchandises banales.

96 Peut-être serait-il plus raisonnable encore de consigner les voies et moyens de la modernisation du système financier mondial dans un accord spécial. à négocier hors l'OMC. Mais je doute que le FMI ou la Banque Mondiale, dans leur état présent, soient aptes à organiser les débats nécessaires à cette fin.

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