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Inventaire du 21e siècle - page 107 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).107

à "disposer d'eux-mêmes" sous des formes tribales ou ethniques - faute d'avoir été entraînés à la coexistence nationalitaire - renouvelèrent les guerres à l'ancienne, en les enrichissant d'armements industriels que les puissances rivales de la guerre froide et les habiles du capital marchand fournirent en abondance. Nankin, Auschwitz et Hiroshima furent, plus que Verdun et Stalingrad, les hauts lieux de la guerre façon 20e siècle, mais il faut également se souvenir de tous les grands et petits Cambodge et Rwanda.  Jusqu'à présent, les guerres n'ont perdu aucun des traits acquis au 20e siècle, sauf à noter que la dimension nationalitaire est d'échelle trop vaste pour caractériser certains des conflits qui éclatent (en Afrique ou loin d'elle, par exemple des Fidji à Timor) et que la dimension territoriale s'efface, entre les puissances principales du monde entier, sauf lorsqu'il s'agit des fonds marins pétrolifères. Peut-être faudra-t-il également s'interroger sur le recul de la conscription et même sur la suppression des armées permanentes - sinon des polices - qui, pour le moment s'observent dans les régions les mieux pacifiées d'Europe. Mais la novation essentielle est ailleurs. Depuis 1990, les États-Unis surclassent de très loin toutes les autres forces militaires et contrôlent leurs guerres éventuelles. Leur empire est aéro-satellitaire électronique - comme ledit excellemment Alain Joxe 97. Leurs 725 bases établies dans 53 pays, en sus des 969 bases logées sur le territoire américain (juin 2005), leurs flottes présentes en permanence sur tous les océans du monde, leurs observations aériennes et satellitaires, leurs curiosités omni-médiatiques en font les voisins de chacun des États de la planète et les observateurs de ce qui se passe jusqu'au coeur des États les plus fermés. Leur but n'est pas d'annexer de nouveaux territoires, ni d'incorporer de nouvelles populations, mais de surveiller le monde entier en s'arrogeant le droit d'intervenir en force, là où ils le jugent nécessaire.

(1) – Le chaos dans l'Empire

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L'Empire ainsi chapeauté les dispense de descendre fréquemment "sur terre" où des querelles nombreuses pourraient les engluer. Mais lorsqu'ils interviennent ou même simplement lorsque leur pression inhibe les dynamismes locaux, il en résulte très souvent des conséquences contraires aux objectifs généreux qu'ils proclament volontiers. Ceci est particulièrement vrai dans toutes les régions du monde où les populations demeurent d'une cohérence simplement tribale ou ethnique. 98 Quand les forces américaines, agissant seules ou nimbées par quelque alliance ou coalition ad hoc interviennent dans de telles régions, l'État

97 Dans son ouvrage fondamental sur L'empire du chaos, La Découverte, Paris, 2002.

98 Voir l'étude sur Les peuples qui figure dans la série Macrosociologie sur le présent site Une analyse plus générale peut être trouvée dans les chapitres sur Les identités, au tome 6 de La Société, également sur le présent site.

http://www.uqac.ca//Classiques_des_sciences_sociales/contemporains/fossaert_robert/la_societe_tome_6/tome_6.html.

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