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Inventaire du 21e siècle - page 110 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).110

produit de tous côtés. Ainsi pourra être cerné l'espace des guerres potentielles du 21e siècle, non dans tous ses replis accidentels, ni dans l'imprévisible détail de ses péripéties événementielles, mais bien dans sa texture déjà formée ou en voie de formation.

On ne le sait que trop, les États-Unis semblent mus par quelques urgences. Selon des choix qui ne sont pas radicalement réorientés d'un Président à l'autre, ils ciblent les États jugés dérangeants pour l'ordre établi. Au temps de la guerre froide, ils avaient déjà séparé les bons du "monde libre", des méchants entraînés par "l'empire du mal". Puis, la tension Est- Ouest s'étant relâchée, la "guerre contre la drogue" a pris le relais, notamment à l'égard de l'Amérique latine. Mais l'affront infligé par les attentats de septembre 2001 a élargi derechef la cible visée: il s'agit désormais de piloter une croisade mondiale anti-terroriste, de s'attaquer à "l'axe du mal" qui lierait les candidats à l'équipement nucléaire (Irak, Iran et Corée du nord) avant de s'en prendre aux "bastions de la tyrannie" qui adjoignent quelques autres États aux précédents. Ces désignations sont loin de résumer une stratégie dont les objectifs à moyen et long terme couvrent le monde entier, comme il convient à un Empire planétaire. La Russie n'est plus au centre des préoccupations américaines, même si ses capacités nucléaires interdisent de la négliger, d'où la poursuite obstinée d'un grignotage de l'ex-URSS qui s'attaque aujourd'hui (2005) à l'Ukraine, au Caucase et à l'Asie centrale, en attendant que le contour nord de la Caspienne et la Sibérie orientale deviennent accessibles. Cependant, la Chine est en passe de relayer la Russie comme casse-tête principal et déjà son pourtour fait l'objet de soins militaires attentifs, car le stade de l'observation aéro-satellitaire est à dépasser. Des bases d'Asie centrale - acquises depuis 2003 à l'occasion de la guerre d'Afghanistan à l'alliance renouvelée avec le Pakistan, nonobstant son passé nucléaire et islamiste, le flanc occidental est couvert, hormis le Tibet où les séquelles de conflits anciens pourraient être ravivées, tout comme au Xinjiang, peuplé d'Ouïgours. Quant au flanc sud, les États-Unis rivalisent avec la Chine pour conquérir ou garder les bonnes grâces de l'Inde, sans que rien soit déjà joué. Reste les terres chinoises tournées vers les Océans où la situation est plus changeante que du côté de l'Himalaya. Active et influente dans toute l'ASEAN qui assemble tous les États de la Birmanie à l'Indonésie et disposant en plusieurs endroits de diasporas anciennes, solides et financièrement réinvesties sur le continent, la Chine est néanmoins marquée de près par les alliés plus ou moins fidèles aux États-Unis (que sont les Philippines ou l'Indonésie), par quelques États plus petits, mais habiles à la manœuvre (notamment Singapour et la Thaïlande), et surtout par le Japon qui dispose dans cette région d'une forte influence économico-financière (à la différence de l'Inde dont l'influence régionale est encore, pour un temps, plus culturelle qu'économique). Sur le flanc nord-est, enfin, le Japon est plus encore qu'au sud-est le pivot de la configuration régionale. Allié des États-Unis du fait de leur victoire de 1945, voisin d'une Corée du sud qui partage le même sort stratégique que le Japon, mais sans qu'aucune solidarité en résulte, le Japon a jusqu'ici à peu prés satisfait les désirs des États-Unis en ce qui concerne les deux

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