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Inventaire du 21e siècle - page 117 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).117

et détours pour contourner l'obstacle et elle stimule l'imagination des marchands (utilisés ou non par des États) qui sont, en définitive les principaux bénéficiaires des trafics persistants, non sans provoquer parfois divers types de scandales (par exemple autour des livraisons d'armes en Angola, ou des exemptions partielles 110 à l'embargo anti-irakien d’après 1991).

Par contre, une deuxième avenue réellement pacifiante a été ouverte sur la lointaine lancée du traité d'Helsinki qui avait garanti, en 1975, l'ensemble des frontières entre États établies en Europe, du Portugal à l'URSS, de Chypre 111 à l'Islande et même d'Andorre au Vatican et à San-Marin. Ce traité, violé par la Turquie, n'a pu s'imposer à l'ensemble des États issus de la Yougoslavie et à l'Albanie voisine que par un délicat mélange d'ingérence et de "meures de confiance" imposées par le traité lui-même. En effet, il y avait tant de contentieux frontaliers virtuels dans toute l'Europe centrale et orientale 112 que la fin de le la guerre froide aurait pu conduire à de multiples conflits. Mais les "mesures" créées par le traité pour élargir les contrôles réciproques qu'exercèrent après 1975 les pays de l'OTAN et ceux du Pacte de Varsovie se sont ensuite prolongées, de pays à pays, dans tout l'espace libéré de la tutelle soviétique 113 tandis que les ingérences massives ont imposé, jusqu'ici, le respect des frontières entre États fédérés dans l'ex-Yougoslavie 114. Il suffit de penser aux drames qui auraient pu se déclencher à propos de la frontière polono-allemande, ou bien autour de l'enclave russe de Kaliningrad et encore à propos de tous les États issus de l'URSS qui ont rejoint l'OTAN, pour concevoir que la Conférence pour la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE) créée par le traité d'Helsinki a adjoint à l'ingérence militaire, une ingérence diplomatique de meilleur aloi. La CSCE a déjà inspiré quelques autres interventions et sa transformation en une OSCE (Organisation au lieu de Conférence) garantit sa pérennité, même si elle remplace les souplesses de la diplomatie par un organigramme qui raidit ses modalités d'action et risque de l'assujettir aux États-Unis prédominants. Déjà, l'utilisation de l'OSCE comme gardien des élections tenues en diverses républiques, naguère soviétiques peut faire craindre que ses missions pacifiantes internationales soient noyées parmi d'autres tâches. Mais il reste qu'une voie d'ingérence préventive a été ouverte et qu'il sera opportun de l'emprunter le plus souvent possible tout en la déblayant de ses encombrements subsidiaires, si l'on veut bénéficier pleinement, en Europe et

110 Dites "pétrole contre nourriture".

111 L'invasion du nord de Chypre par l'armée turque, en cette même année 1975, a été sanctionnée par l'ONU et les institutions européennes - mais non par l'OTAN..- et demeure jusqu'à présent un obstacle majeur à l'éventuelle entrée de la Turquie dans l'Union Européenne.

112 Et même en Europe occidentale, si l'on tient compte des envies de "disposer de soi-même" qui se sont manifestées de la Corse à l'Irlande et aux provinces basques: je reviendrai sur ce point.

113 Publicité préalable aux manoeuvres militaires et aux déplacements massifs de troupes, présence obligatoire d'observateurs étrangers lors desdits exercices, etc. Ces mesures sont détaillées dans un article de Maurice Bertrand: De l'Europe apaisée à l'Europe pacifiante dans Hérodote, n° 108, 5er trim. 2003.

114 En attendant qu'une éventuelle conférence internationale règle le cas des deux (nouveaux) États "fédérés" découpés dans l'ex-Bosnie et des prétentions serbes et albanaises sur le Kossovo.

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