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Inventaire du 21e siècle - page 124 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).124

obligations sécuritaires. Une réforme de l'AIEA récemment proposée donnerait à cette organisation internationale un pouvoir quasi juridictionnel pour dénoncer et sanctionner les États dont les règlements et les contrôles seraient jugés laxistes ou insuffisants et il va de soi qu'une telle réforme, périodiquement renouvelée et affinée, serait hautement souhaitable. Enfin et surtout, il importe qu'en tout pays, les ONG de sensibilité écologiste ou pacifiste qui harcèlent toutes les cibles nucléaires qui passent à leur portée sachent se convertir en inlassables inspecteurs des installations et transports de matériaux nucléaires et que ces organisations fournissent une large part des professionnels de la maintenance et de la sécurité des installations nucléaires de toute sorte. Une large publicité de toutes ces activités, des précautions qui les entourent, des accidents et défaillances constatés et des sanctions prises à leur propos devrait partout couronner cette réfutation nécessaire de craintes légitimes. A ce prix - que les industries nucléaires existantes paient assurément, mais sous des contrôles parfois insuffisants - l'acceptation profonde des populations envers les industries nucléaires pourrait être finalement acquise, c'est-à-dire portée au niveau de confiance que toutes les activités industrielles ou scientifiques ont peu à peu atteint, à l'usage.

Il est toutefois un troisième groupe de données - connexes aux dissuasions nucléaires recherchables - qui engendre des craintes pérennes: c'est que la radioactivité de l'uranium et des autres éléments utilisés pour l'enrichir ou le rendre fissile est de très longue durée pour certains de ces éléments ou de leurs dérivés, d'où l'épineuse question du traitement final des déchets nucléaires. Une part en peut être "brûlée" dans certains types de centrales. Une autre part est de radioactivité faible, c'est-à-dire dissipée moyennant des délais relativement brefs, de l'ordre d'une ou deux décennies, après quoi elle tombe à des niveaux semblables à ceux qui s'observent sur la surface terrestre, par exemple dans les massifs granitiques. Mais il reste qu'une part assez peu considérable en volume mais de longue durée doit être traitée autrement. Non par des rejets en mer de Barentsz comme le firent les Soviétiques, ou dans la Manche, comme le firent les Français pour certains effluents de l'usine de retraitement de La Hague, ni dissimulée ou dispersée parmi d'autres manières dolosives comme le firent - et, parfois le font encore - certains utilisateurs de matériaux nucléaires, y compris, par exemple, les hôpitaux, mais bien par des moyens pertinents et d'effet durable. Les usines de retraitement servent précisément à trier les produits déjà "brûlés" pour en récupérer le combustible encore utilisable, rassembler les déchets à "courte" durée de radioactivité et en disjoindre les éléments hautement et durablement radioactifs. Mais pour ces derniers aucune solution satisfaisante n'a été jusqu'ici trouvée, même si des recherches sérieuses se poursuivent pour sélectionner des sites d'enfouissement de haute sécurité et pour fixer des techniques de retraitement plus raffinées réduisant les quantités d'éléments "irréductibles" à vitrifier ou à isoler d'autre façon pérenne. A l'horizon de cette discussion s'inscrit finalement une délicate alternative: faute d'avancée technico-scientifique suffisante, il se pourrait que l'utilisation industrielle des matériaux nucléaires soit à bannir. Les métaphysiciens de l'antinucléaire ne déraisonnent pas, mais ils raisonnent mal, ils

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