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Inventaire du 21e siècle - page 28 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).28

ressortiront pas indéfiniment à la science-fiction. Sur terre ou "dans les étoiles", nos nouveaux Cyrano de Bergerac ne seront pas tous des prophètes insensés.

Mais, en valeur relative, la principale ressource nouvelle pourrait bien être celle des économies d'énergie, c'est-à-dire des moyens d'accroître l'intensité énergétique de chaque pays. Cette intensité exprime la quantité d'énergie nécessaire pour produire une unité de PIB: elle s'accroît quand l'énergie requise diminue. La consommation d'énergie est difficile à réduire dans les transports routiers et surtout aériens; elle est mieux gérable dans l'habitat, l'agriculture et la plupart des industries; et son domaine d'élection est l'industrie lourde, par exemple la sidérurgie. La diffusion de carburants composites pour les transports et la diversification des usages d'une électricité qui peut dériver de n'importe quelle énergie primaire seront assurément les premières étapes essentielles d'une évolution qui se prolongera bien après l'épuisement des ressources fossiles.

La prospection de ressources nouvelles, l'acclimatation de formes nouvelles d'énergie, la transformation des machines, appareils et autres équipements en vue de les rendre moins gourmands en énergie requièrent de longs délais et de lourds investissements préalables, si bien qu'ils sont déclenchés avec retard, quand le déficit des ressources habituelles s'accompagne de pénuries effectives (par exemple quand il faut rationner l'essence, délester les réseaux électriques, etc.) ou surtout quand surviennent des hausses de prix d'ampleur inhabituelle (tels les "chocs pétroliers). Des manœuvres frauduleuses et des spéculations boursières peuvent amplifier ces alertes, des précautions, telles les "réserves stratégiques" (de pétrole et d'autres ressources) constituées par des États permettent au contraire d'abriter certains secteurs (comme les armées, les hôpitaux, etc.). Mais la difficulté centrale demeure inchangée: faute d'alerte bien fondée et faute d'autorités capables d'imposer des réformes anticipant sur les chocs pour lisser la demande d'énergie, celle-ci progresse de chocs en contre-chocs, chacun de ces spasmes étant de durée variable selon les types d'énergie concernés. Car un surcroît de difficultés résulte de la non fongibilité de beaucoup de ressources. Certes, les utilisations finales sous forme d'électricité peuvent se nourrir de ressources primaires très diverses, mais seulement dans la limite des générateurs installés et des réseaux qui les interconnectent pour servir leur distribution. Il en va à peu près de même pour le gaz. Mais ailleurs, c'est-à-dire dans beaucoup d'activités industrielles et agricoles, comme dans les transports et dans le chauffage urbain ou domestique, la demande est fractionnée selon la nature des équipements mis en œuvre, si bien que le jeu des prix ne peut pas répartir les tensions entre tous les secteurs de la production énergétique. Dans les domaines où les chocs et contre-chocs ont des effets spasmodiques, les prix ont surtout pour effet de réguler le choix des équipements et appareillages nouveaux, non sans risques d'erreur. La réponse aux chocs est tâtonnante, son effet sur le capital fixe installé (c'est-à-dire sur les parcs de machines, de véhicules, d'équipements de toute sorte, etc.) dépend de la vitesse de remplacement de ceux-ci, laquelle varie d'une catégorie d'installation à l'autre. Bref l'unification de l'offre et des prix au bénéfice des énergies les plus souples -

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