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Inventaire du 21e siècle - page 33 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).33

étendues jusqu'à 2500 mètres sous la surface, requièrent de longs délais de mise en œuvre, le recours à des appareillages plus productifs pour les sites pétroliers en exploitation est d'effet lent et très onéreux, car il interrompt la production. L'établissement de longues conduites comme celles qu'évoque la note 17 ou celles qui sont à peine esquissées (gazoduc russo-allemand sous la Baltique, oléoduc de la Caspienne à l'Asie orientale que se disputent le Japon et la Chine, etc.) n'accéléreront pas de sitôt les débouchés, pas plus que la "mise en perce" des réserves naturelles de l'Alaska ou des gisements disputés de la mer de Chine 21 ne gonflera rapidement la production.

Le relais du pétrole par d'autres énergies n'ira pas non plus sans délais, tant pour le gaz qui requiert des manipulations prudentes que pour les grands travaux hydrauliques dont le regain devient vraisemblable depuis que la Banque Mondiale a accepté de financer le barrage cambodgien sur un affluent du Mékong. C'est pourquoi, l'AIE est persuadée que l'utilisation des charbons sera la principale souplesse des prochaines décennies pour la production d'électricité, sans bien justifier son hypothèse de très faible croissance du nucléaire. Mais en toute hypothèse, les glissements d'un combustible à l'autre doivent vaincre l'inertie des appareillages et équipements existants. Or les investissements des dix dernières années n'annoncent pas de conversions majeures pour la production d'électricité, pas plus que les équipements industriels, routiers, urbains ou domestiques ne sont prometteurs d'économies massives. Il est à craindre qu'une crise "pétrolière" plus aigue que les difficultés actuelles soit requise pour que les principaux États consommateurs prennent leurs responsabilités. Vus d'aujourd'hui, ces États sont, dans l'ordre de la gourmandise d'énergie, ceux d'Amérique du nord et d'Europe (Russie comprise), à qui il faut adjoindre le Japon et, désormais, la Chine et l'Inde, car cet ensemble absorbe les quatre cinquièmes de l'énergie consommée dans le monde.

En attendant que leur sagesse les conduise à appliquer un protocole de Tokyo renforcé et à s'imposer des "économies drastiques" mieux ciblées que celles évoquées par l'AIE, il faut donc s'attendre à ce que plusieurs régions du monde soient exposées à des tensions accrues. Ce sera évidemment le cas aux deux extrêmes de la fortune, c'est-à-dire aux États-Unis dont la désintoxication pétrolière ne commencera pas sans douleurs et en Afrique subsaharienne où l'exploitation accélérée des potentiels pétroliers et gaziers restant à mettre en œuvre ou à découvrir fera tomber sur diverses zones, encore dépourvues d'États substantiels, des mannes qui seront aussi néfastes que celles qui arrosent aujourd'hui, du Nigeria à l'Angola, tout le Golfe de Guinée 22. Par ailleurs, la

21 Au nord , dans des eaux disputées entre le Japon, la Chine et les Corée; au sud dans une zone sur laquelle la Chine, l'Indonésie et plusieurs autres pays de l'Asean ont des prétentions et souvent des droits.

22 À moins que la tentative de la Banque Mondiale (de l'ère Wolfensohn) pour finaliser le mieux possible la rente dont le Tchad va bénéficier soit couronnée de succès et devienne la norme de ladite Banque, pendant l'ère Wolfowitz...

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