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Inventaire du 21e siècle - page 34 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).34

différenciation d'un Proche et Moyen-Orient où le pétrole est très abondant, pourrait s'accroître dangereusement, non seulement entre des émirats qui commencent à investir dans des activités durables et une Arabie saoudite, princière et repue qui ne soucie guère de la fin de ses rentes, mais encore dans toute la périphérie de cet espace désertique, du Yémen miséreux à l'Iran qui essaie d'économiser sa rente pétrolière en investissant dans le nucléaire et au malheureux Irak dont la réorientation fait problème. Parmi les tensions qu'une croissance ultra-rapide impose à la Chine et, à un degré moindre, à l'Inde, la question énergétique centrale, une fois établis les "tuyaux" aidant à leur approvisionnement, pourrait être de maîtriser le charbon, c'est-à-dire d'éviter de produire autant de fumées délétères que l'Angleterre jadis, et les États-Unis aujourd'hui, mais aussi de participer à l'invention, pour leurs ressources charbonnières, d'usages innovants et assagis. La Russie, elle aussi, gagnerait à ne pas faire d'une surexploitation de son pétrole, sa principale ressource fiscale, mais à se souvenir, tant qu'il en sera encore temps, que l'utilisation du pétrole comme combustible est l'emploi le moins raisonnable que l'on puisse faire de cette matière première valorisable par bien d'autres voies industrielles. Enfin, en braquant l'éclairage comme il vient d'être fait, on risque de délaisser d'autres pays dont le devenir "pétrolier" sera de plus en plus capital, comme l'exemple vénézuélien le montre. Il sera utile, sinon facile, de soutenir les États qui chercheront à faire - pour leurs peuples et non pour leurs seuls dirigeants - le meilleur emploi possible de leurs hydrocarbures, fut-ce aux dépens d'États consommateurs gourmands et puissants.

La seconde crise, souvent envisagée pour 2050-2060 (ou 2065) sera "énergétique" plus que "pétrolière" en ce sens que son issue se caractérisera par une réduction sensible non point du pétrole et du gaz dans le bilan énergétique mondial, mais bien par une réduction de leur poids relatif dans ce bilan. Autrement dit, la période qui s'ouvrira à sa suite sera orientée davantage vers l'établissement de capacités de production et d'utilisation d'énergies durablement renouvelables, plus que vers la surestimation des usages pétroliers. Le monde n'entrera pas encore dans l'après-pétrole, mais il oubliera de moins en moins souvent que "le pétrole est mortel".

Cela n'exclura sans doute pas toute tentation d'imposer aux pays encore riches d'hydrocarbures, une politique donnant la priorité aux besoins courants des pays importateurs, plus qu'aux besoins futurs de leurs propres populations, mais les contradictions ainsi exacerbées pourraient conduire, par réaction, à subordonner les stratégies des compagnies exploitantes aux volontés des États dont les gisements sont exploités. Il y a fort à parier que, sous diverses formes, la nationalisation de ces compagnies sera recherchée et que, pour contrebattre ce risque, les pressions militaires et les manœuvres corruptives s'amplifieront. Bref, des "guerres du pétrole" menaceront en diverses régions.

Néanmoins, le répit d'après-crise sera aussi employé à amplifier les économies d'énergie, à renouveler les équipements, machines et réseaux dont dépend

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