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Inventaire du 21e siècle - page 35 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).35

l'intensité énergétique, à accélérer la maturation des pétroles "non-conventionnels" et surtout des combustibles et carburants extra-pétroliers, à élargir sans cesse le recours à l'électricité comme énergie à toutes fins utiles.

Dans un tel contexte, la géographie du pétrole se déformera considérablement. La mer du Nord rejoindra les États-Unis au rang des ressources quasiment épuisées. Le Proche et Moyen-Orient, plus sollicité que jamais, se crispera peut-être contre l'assèchement de son gaz et de son pétrole. La zone Caspienne, la Sibérie orientale et les fonds marins proches de Sakhaline ou d'autres sites du Pacifique nord prendront de l'importance, tout comme les sites des mers de Chine, peu à peu mis en perce, au nord comme au sud, pour autant que la pacification de ces zones aura été organisée. Les mêmes conditions - et contradictions - régneront dans les autres régions déjà repérées ou explorables, parmi lesquelles les territoires africains et latino-américains et leurs bordures maritimes pourraient occuper une place de choix. Les réseaux de tuyaux, les interconnexions électriques, les détroits et autres voies sécurisées, les champs pétroliers et gaziers en exploitation, les ports et les bases nationales, étrangères ou coopératives entourant tous ces éléments formeront l'ossature, plus explicite qu'à la fin du 20e siècle, de ce monde de l'énergie. Ce serait une grave erreur de concevoir tout ce système spatial comme un champ de forces pacifiques ou pacifiantes. Le mieux que l'on puisse escompter - sauf novations politiques aujourd'hui insoupçonnables - serait que les zones soumises à un pouvoir étatique (ou à une coopérative d'États) capable de tenir en respect les pouvoirs d'autres zones puissent nouer avec ceux-ci des rapports dûment négociés, appliqués, révisés, et ainsi de suite. Aucun irénisme ne garantit l'atteinte facile d'une telle situation, ni son extension graduelle et son entretien durable.

Pour tester les remarques précédentes, il suffit d'adopter un point de vue américain - ou plutôt texan - datant de l'ère des présidents Bush. On doit alors se demander quels seront les "paradis pétroliers" que les États-Unis, en retard de "désintoxication" pétrolière, pourraient avoir envie de "libérer" à la façon de la Libye des années 2000 - sort qui a menacé le Venezuela de Chavez - ou de ravager comme l'Irak de 2003 et, demain peut-être, comme l'Iran. La liste pourrait être longue et complexe durant plusieurs décennies. Une seconde contre-épreuve pourrait s'appliquer à l'OPEP dont le poids relatif va derechef s'accroître et qui pourrait s'enrichir de la Russie et d'autres ligueurs potentiels. Faut-il prendre pour un ballon d'essai les propos du président de Total - la multinationale "française" - envisageant l'entrée des grandes compagnies dans l'OPEP, afin de favoriser la maturation, sous son égide, de nouveaux types de production sharing agreements, c'est-à-dire d'accords de partage de la production (entre États producteurs et compagnies commerciales) que ce soit comme contre-feu à de nouvelles nationalisations ou, à l'inverse, comme technique de "séduction" des pays où l'État local demeure plus ou moins fermé aux compagnies étrangères, pays parmi lesquels figurent, à des degrés divers, en 2005, l'Arabie et plusieurs de ses voisins

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