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Inventaire du 21e siècle - page 36 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).36

tout comme l'Iran, le Venezuela, le Mexique, la Russie et d'autres? Quoi qu'il en soit, le grand jeu des puissances 23 se poursuivra autour des ressources de la Caspienne et de l'Asie centrale, peuplée de rares oasis, mais de multiples derricks, à ceci près que les États-Unis ont remplacé la Grande-Bretagne et que des puissances asiatiques se sont musclées. On pourrait tout aussi bien déplacer le regard vers les États aptes à verrouiller les accès aux zones pétrolières encore riches, tels la Turquie, l'Iran, le Pakistan et le pauvre Afghanistan qui, joints à la Russie, encerclent toute la vaste zone péricaspienne. En cessant ce Kriegspiel imaginaire, on se gardera d'oublier qu'après comme avant la seconde crise "pétrolière", les hydrocarbures resteront un enjeu majeur - et dangereux.

L'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) 24 estime que la part du pétrole, dans le total de l'énergie primaire, aura passé de 20 à 15 % entre 2002 et 2025 et cette tendance pourrait s'accentuer ensuite, tandis qu'à l'inverse, la part du gaz naturel, supposée stable à 27 % entre ces deux dates - ce qui correspond évidemment à une forte augmentation de sa production 25 - pourrait poursuivre sa progression relative quelque temps encore après 2020-25. Toujours est-il que, grâce à cette substitution, les hydrocarbures qui resteraient stables à 47 % de l'énergie primaire entreront, bien avant 2050, dans une phase de déclin relatif de plus en plus net. À l'inverse, le charbon qui grimperait déjà, entre 2002 et 2025, de 32 à 36 % du total mondial, poursuivra son ascension, d'autant que sa conversion partielle en substituts du pétrole élargira ses débouchés. Ainsi, le second règne du charbon, renouvellera. au milieu du 21e siècle la performance de son premier règne, celui du 19è siècle. Au reste, c'est-à-dire à l'ensemble des énergies primaires non fossiles et, donc, renouvelables, l'AIE n'accorde qu'une très faible progression: de 21 % du total de l'énergie primaire, utilisée en 2002, à 22 % en 2025, avec un léger gain relatif pour le nucléaire, mais cette évolution, encore douteuse pour 2020-25, sera sans doute renforcée par la suite, tant que les innovations aujourd'hui recherchées ou expérimentées n'auront pas atteint leurs seuils de substituabilité, en termes de coût relatif, de disponibilité virtuellement omniprésente et d'utilisabilité par toutes sortes de machines, d'appareils et d'engins, à commencer par les générateurs d'électricité et les véhicules routiers, maritimes et aériens.

Le troisième choc énergétique hypothétiquement envisageable vers la fin du 21e siècle pourrait être considérablement atténué, si les principales puissances, agissant par elles-mêmes ou mieux, de façon coopérative savaient mettre à profit les novations escomptables pour la seconde moitié de ce siècle. Première novation, la stabilisation de la population mondiale sera acquise ou en vue, ce qui réduira les besoins de croissance économique les plus dramatiques, donc la production

23 Grand jeu qui rappelle celui de la Russie et de l'Angleterre se disputant, vers la fin du 19è siècle, le contrôle de l'Asie centrale

24 Les données qu'elle utilise comme base de ses projections (voir Annual Energy Outlook 2005, p. 9) sont légèrement différentes des statistiques BP utilisées ci-avant, mais il n'en résulte, ici, aucun inconvénient.

25 L'hypothèse de l'AIE est que le PIB mondial s'accroîtra, en volume, de 3,1% par an et que le besoin d'énergie par unité de PIB diminuera de 1,6%, par an.

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