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Inventaire du 21e siècle - page 61 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).61

services marchands. Toutefois, une partie de la population s'active dans des services non ou peu marchands, par exemple ceux de l'enseignement, de l'administration, de l'armée, etc. Leur travail est tout aussi nécessaire que celui de l'industrie, de l'agriculture et des services, mais aucun prix marchand ne permet de l'évaluer, si bien qu'on mesure cette production à son coût, tel qu'il est réglé par les administrations et autres institutions gestionnaires des services non-marchands. Pour être tout à fait complet, il faudrait encore tenir compte de divers autres cas spéciaux, par exemple celui des familles logées dans une maison qui leur appartient: les locataires achètent le service du logement qu'ils louent, les propriétaires ont acquis leur habitat par achat ou héritage (ce qui est une opération en capital, un investissement distinct de leur consommation année par année), si bien que les comptables nationaux n'ont d'autre ressource dans leur cas que de leur assigner un loyer fictif, comme si ces propriétaires se louaient à eux-mêmes leur logement, au prix du marché.

Production, consommation, investissement se mêlent à d'autres concepts économiques - tels que revenus, épargne, impôts, cotisations sociales, etc. - si bien qu'un énorme travail statistique est requis pour ordonner cet ensemble et arriver à des résultats globaux significatifs. La comptabilité économique nationale range tous ces éléments. Les comptes de la nation qu'elle établit donnent une représentation globale de l'activité économique nationale. Le produit intérieur brut - abrégé en PIB - est l'un des résultats principaux de cette mise en forme, l'évaluation globale de la production nationale. La comptabilité économique est dite nationale, parce que tous ses résultats valent à l'échelle d'un État. Mais le produit est dit intérieur, parce que des tentatives, comme celle des comptables nationaux français des années 1950 qui visaient à passer de l'intérieur au national (par addition des activités françaises à l'extérieur du pays et soustraction des activités étrangères en France) se sont révélées impraticables - et le seraient plus encore au stade présent de l'entremêlement mondial des peuples et des firmes "multinationales" de toute sorte.

Donc, le PIB est un agrégat, un artefact. Ce produit intérieur brut agrège toutes les activités économiques d'un pays donné et en évalue, pour chaque année, le résultat global. Ce n'est pas le fruit d'une addition d'activités concrètes, ni un simple indice représentant le volume, la valeur et les variations de ces activités. C'est un agrégat, c'est-à-dire le produit d'un mixage de données multiples et diverses, opéré selon des normes explicites qui l'épurent de tous les doubles emplois et des autres impuretés statistiques et comptables dûment reconnues. Un agrégat qui ne donne pas une image de la réalité économique, d'autant que la collecte des données premières est forcément entachée de quelques défauts (erreurs, omissions, fraudes fiscales et autres dissimulations); mais une construction puisant ses matériaux dans cette réalité et les assemblant selon des règles rigoureuses. C'est un artefact qui n'a rien d'arbitraire, d'autant que des institutions internationales (telles l'OCDE ou Eurostat) coopèrent avec les agences statistiques nationales pour faire connaître ces règles et pour les réviser

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