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Inventaire du 21e siècle - page 64 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).64

deux (ou plusieurs) d'entre eux, car chaque pays requiert un filtre ajusté à ses particularités. Toutefois cette première difficulté est enveloppée par une contrainte plus grave encore. Plusieurs décennies ont été nécessaires pour que les comptables nationaux réussissent, par itérations successives, à se libérer de la contrainte qui tient aux fluctuations du change entre deux monnaies et qui s'amplifie à mesure qu'augmente le nombre des pays - et des taux de change - à considérer.

La solution toute bête qui est de prendre le dollar (des États-Unis) comme commun dénominateur des taux de change de chacune des monnaies crée plus de problèmes qu'elle n'en résout, car le taux de change annuel moyen d'une monnaie donnée n'a pas le même sens, d'un pays à l'autre selon son régime de change (libre convertibilité totale ou partielle, change administré, éventuel épuisement des réserves en devises qui suspend la convertibilité, etc.). La Banque mondiale qui est grande utilisatrice de PIB a cru pouvoir réduire cette difficulté, en utilisant une moyenne triannuelle des taux de change en dollars, pour lisser les conversions. Appliquée dans l'Atlas international des PIB par pays, diffusé chaque année par la Banque mondiale, cette façon de procéder, dite "méthode de l'Atlas", est parfois encore utilisée, mais sa validité est médiocre, car il n'y a aucune raison de penser que, d'un pays à l'autre, les prix de tous les produits et services évoluent au même rythme qu'aux États-Unis.. Bien au contraire, les différentiels des prix internes sont extrêmement variables d'un pays à l'autre, pour la plus grande joie des touristes à l'affût des "vacances pas chères" et des marchands dont les profits se nourrissent des écarts de prix entre pays fournisseurs et marchés de destination. Il a donc fallu inventer un nouvel agrégat pour convertir les PIB élaborés aux prix intérieurs, c'est-à-dire en monnaie nationale, en PIB en dollars, au moyen d'un taux de change qui garantisse autant que possible la parité de pouvoir d'achat (PPA) de la monnaie nationale (du pays considéré) avec le dollar américain. Ainsi ont été produits des PIB avec PPA (en dollars).

Les filtres PPA, établis pays par pays, en renfort des filtres prix nationaux ont considérablement amélioré la comparabilité internationale des PIB. Mais ce filtrage qui tenait mieux compte des fluctuations des changes et qui se combinait utilement avec l'utilisation de chacun des filtres pays, ne corrigeait en rien les distorsions du système des prix vis-à-vis des États-Unis. Pour éviter ce denier écueil, il eût fallu que les systèmes de prix internes des divers pays se transforment de la même façon que le système des prix internes des États-Unis, ce qui est impossible pour près de 200 pays dont l'histoire économique et l'insertion internationale présentent d'énormes différences, quelles que soient les vertus uniformisatrices du marché mondial sous prééminence américaine.

Des PPA constants ont alors été recherchés. Leur établissement progresse depuis quelques années, pour un nombre croissant de pays parmi lesquels figurent évidemment les plus importants. L'initiative de ce nouveau progrès est venue d'Eurostat parce que l'Union Européenne (UE) a besoin de séries chronologiques de PIB aussi incontestables que possible pour asseoir plusieurs de ses mécanismes.

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