X hits on this document

Word document

Inventaire du 21e siècle - page 71 / 134

260 views

0 shares

0 downloads

0 comments

71 / 134

Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).71

élargissaient le champ des commissions dont elles se nourrissent. Ainsi les prudences bancaires courent derrière les innovations bancaires et les contrôles sur les banques courent derrière leurs éventuelles précautions. Plus une banque est grosse - c'est-à-dire influente (et menaçant d'énormes dégâts si elle devait s'effondrer) - plus elle est encline à croire que les pouvoirs publics devront inévitablement voler à son secours en cas de péril. On atteint ainsi à la limite où les prudences bancaires touchent à l'imprudence systémique, horizon catastrophique à retrouver plus loin.

En outre, les grandes banques s'adjoignent de façon parfois encore maladroite les activités boursières que beaucoup de pays "modernes" les autorisent à satelliser. La Fédération mondiale des Bourses (WFE) compte 54 adhérents, de taille fort inégale. En avril 2005, les deux géantes américaines - NYSE (New York Stock Exchange) et NASDAQ (également new-yorkaise) - comptaient respectivement 3200 et 2300 titres cotés et leurs capitalisations boursières 43 étaient de l'ordre de 13.000 et 4.000 milliards de $. Les principales bourses européennes (Londres, Paris et Francfort) dûment fusionnées n'atteindraient le niveau du NYSE que si les principales bourses japonaises (Tokyo et Osaka) se joignaient à elles. Mais il est aussi, parmi les 54 bourses de la WFE des établissements minuscules, tels Budapest ou Malte.

Ces bourses ne constituent qu'une partie de ce que les banques appellent les "marchés", car les transactions sur les valeurs qui s'y opèrent sont complétées - en leur sein ou non - par des transactions sur les devises, sur diverses marchandises (pétrole, minerais et métaux, produits agricoles ou exotiques, etc.) et sur diverses catégories de titres "notionnels" 44, à quoi s'ajoutent les opérations directes des banques cédant leurs "produits dérivés" over the counter (OTC), lesquels OTC ne jouissent pas des précautions statutaires qui entourent - en principe - les opérations boursières, ce qui n'a pas d'importance particulière quand ces OTC se nouent entre banques, mais peut devenir périlleux pour d'autres partenaires.

Les opérateurs sur ces "marchés" ont la mémoire courte. Leur but est de gagner des "marges" entre achats et reventes, marges qui peuvent être infimes mais qu'ils démultiplient par d'énormes volumes. Comme ils sortent sitôt après être entrés sur l'un des "marchés", ils ne se soucient guère des fluctuations du lendemain. S'ils opèrent pour compte de clients, leur horizon s'allonge en fonction des ordres reçus, mais sans plus. La fin de la semaine borne leur visée, la fin du mois c'est presque une autre vie. Leur myopie se double d'une amnésie (CF, p.147), car ils ne font pas commerce de l'expérience historique, mais sont portés par des effets de mode, auxquels les firmes qu'ils servent ajoutent du leur. En effet, ces opérateurs

43 La somme des produits (titres cotés x cotations) définit la capitalisation boursière pour une date donnée. Cette capitalisation est potentielle: les capitaux effectivement sortis de la bourse dépendront de la cotation du jour et du volume des transactions effectives, le tout diminué des taxes et commissions afférentes à ces opérations.

44 Par exemple, sur des indices boursiers, sur des taux futurs, etc.

Document info
Document views260
Page views260
Page last viewedSun Dec 04 04:35:32 UTC 2016
Pages134
Paragraphs1453
Words56761

Comments