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Inventaire du 21e siècle - page 73 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).73

bancaire et boursière est "en retard" 47, notamment ceux qui n’ont pas encore accédé à la "financiarisation". Exceptions qui, pour l'essentiel se trouvent en Asie où les crises des années 1990 ont rajeuni des méfiances que la Chine et l'Inde ne sont pas seules à cultiver. Ailleurs, le Proche et Moyen-Orient et l'Amérique du sud sont à demi modernisés, mais encore trop pauvres - dans leurs masses - pour être pleinement bancarisés, cependant que l'Afrique est à de rares exceptions près, une sorte de semi-désert bancaire où bien des tentatives post-coloniales se sont ensablées.

La supervision des entreprises financières

Les banquiers centraux sont les dirigeants de la banque qui gère la monnaie à l'échelle d'un pays donné et qui assure la liquidité des banques commerciales. L'État est souvent l'actionnaire unique ou principal de la banque centrale, mais il lui laisse une large autonomie, laquelle est d'ailleurs érigée en principe par la doctrine commune à la plupart des banquiers centraux: le métier de banque doit être abrité des vicissitudes politiques - affirment-ils en chœur. Toutefois la supervision des banques commerciales et des établissements financiers de toute sorte qui gravitent autour d'elles est souvent confiée à une agence spécialisée - plutôt qu'à un département de la banque centrale - agence où les administrations financières et les banques commerciales sont mêlées de façon variable. En fait la banque centrale - qui n'est pas soumise à cette agence - ne la perd jamais de vue.

La supervision ainsi exercée peut être bénigne ou indulgente, mais elle tend néanmoins à faire respecter les lois et règlements auxquels l'État tient le plus. Généralement, la banque centrale, consultée sur ces édits, les souhaite peu détaillés et point trop rigides: s'il faut de la souplesse, elle se chargera de la gérer. D'ailleurs, les banquiers centraux - issus des professions bancaires plus que des cadres administratifs - sont généralement sceptiques à l'égard des ingérences extra-bancaires. La prévention des risques anormaux les soucie évidemment, mais elle doit être délicate et si, d'aventure, des sanctions s'avèrent indispensables, il importe qu'elles soient discrètes, pour ne pas porter atteinte à "la confiance dans la monnaie". Néanmoins, "le rôle croissant des banques dans le déclenchement et le développement des crises financières" (CF, p.176) impose de temps à autre un resserrement des contrôles, voire une réforme de l'agence qui les exerce. Le scepticisme des banquiers centraux n'en continue pas moins d'opérer comme un

47 On jugera de sa portée en observant les dramatiques efforts du NYSE, en 2005, pour rendre à son Conseil d'administration la vertu et le respect que la déréglementation lui a fait perdre. Ou sous un autre angle, en songeant au dédommagement de 2 milliards de $ que la Citybank - premier groupe bancaire des États-Unis - doit partager entre ses clients indûment entraînés dans de périlleux placements chez Enron, cet ex-gestionnaire d'oléoducs, devenu un virtuose des contrats à terme pour la fourniture d'énergie et plus encore un virtuose dans l'utilisation des paradis off shore, toutes interventions conseillées par des banquiers dont Citybank n'était que le plus gros. Comme le troisième groupe américain (JP Morgan) a déjà concédé 2,2 milliards de $ pour la même cause et que neuf autres banques sont poursuivies par ailleurs, on s'attend à ce que l'affaire Enron coûte aux banques plus de 6 milliards de $ au total. De quoi rafraîchir les contrôles internes et externes de l'appareil bancaire...

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