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Inventaire du 21e siècle - page 74 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).74

frein. Autrement dit, nombreux sont les pays - y compris parmi les plus développés - où le contrôle est en retard sur les besoins.

Au reste, il faut bien s'entendre sur ce que les contrôleurs peuvent faire. Ils sont moins démunis que les commissaires aux comptes et autres auditeurs aux prises avec des groupes privés géants, même quand ces professionnels ne dépendent pas de filiales ou d'acolytes des grandes banques intéressées par lesdits groupes - comme ce fut le cas pour Enron et bien d'autres mastodontes, américains ou non. Les contrôleurs des banques commerciales jouissent d'une plus grande autorité, car ils ont la possibilité de déclencher des procédures pénalisantes, sans avoir à craindre pour leur carrière. Si bien que le problème principal tient à la mise à jour des contrôles à opérer et des moyens requis à cette fin.

Encore faut-il, dans chaque cas particulier, prêter attention à l'éventuelle pluralité des organismes de contrôle et aux contradictions parfois utiles qui peuvent en résulter. A ce dernier titre, on pourra s'interroger - jusqu'à ce que l'expérience ait tranché - sur le curieux dispositif de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui chapeaute les banques centrales des pays utilisateurs de l'euro, sans avoir la haute main sur celles-ci, ni sur les organes nationaux de contrôle des banques commerciales. Un autre chevauchement s'observe dans tous les pays équipés d'une ou plusieurs bourses des valeurs. Comme la satellisation de celles-ci est un processus indirect et inégalement accompli d'un pays à l'autre, les variantes peuvent être nettement distinctes. Mais, en toute hypothèse une véritable surveillance des bourses est indispensable, non seulement pour gêner les empiètements bancaires frauduleux ou dommageables, mais aussi pour conforter, si c'est encore possible, les agents à statut spécial qui sont censés faire fonctionner chaque bourse sans privilégier aucun de ses participants. D'où l'intérêt stratégique des activités de la SEC new-yorkaise (Securities Exchange Commission) et de toutes ses homologues, surtout quand la ou les bourses de leur ressort drainent des masses de capitaux étrangers. Vue de juin 2005, la SEC, gravement abîmée par les scandales financiers américains des récentes années est à réformer, mais la tâche est extraordinairement difficile, surtout sous un gouvernement féru de déréglementation. Ici, la frontière (poreuse) entre le pouvoir d'État et la puissance des banques se laisse voir.

On juge souvent des progrès de la mondialisation - c'est-à-dire de la propagation illimitée du mode de production capitaliste-monopoliste - au développement des échanges internationaux de marchandises et de services, mais il vaut mieux centrer l'attention sur l'activité mondiale des banques et de leurs filiales et satellites, car celle-ci déborde de ce que peuvent saisir les balances commerciales et même les balances des paiements courants. En effet, cette activité se ramifie en maints pays, mais elle s'insinue également dans tous les interstices du réseau des États, par exemple en jouant pleinement des places off shore peu

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