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Inventaire du 21e siècle - page 80 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).80

qu'aux perspectives de rentabilité déjà bien établies. D'autre part, elle s'épure difficilement des commodités, ruses et chicanes qui entretiennent les péages et tonlieux dont ses ancêtres marchands ont longtemps su tirer parti. La banque n'est pas une industrie travaillant à réduire ses coûts pour réduire ses tarifs. La finance, de forme bancaire ou non, s'investit plus volontiers dans le déjà rentable que dans la création. Quand banque et finance prétendent être les leviers de la croissance économique, il faut soumettre leurs dires à examen - et ne jamais manquer d'observer ce que les autorités publiques ont à faire pour stimuler leurs interventions et pour calmer leur goût du lucre.

Épargne et "investissement"

Considéré dans sa totalité, l'appareil bancaire d'un pays donné - c'est-à-dire le réseau M/C - est d'une grande complexité, quand ce pays est en bonne voie de bancarisation. Mais on peut néanmoins réduire cette complexité par quelques coups de serpe. D'abord, on néglige les différences de second ordre - par exemple celles qui séparent les groupes bancaires se mêlant de tout 54 des autres groupes où le cloisonnement des filiales et des directions centrales est de règle et des entreprises financières plus courtes où maintes tâches financières ne sont pas traitées. Ensuite, on fait abstraction des transferts, d'une banque à l'autre, de créances monétaires ou financières (= virements et titres) selon les demandes de leurs clients, puisqu'aussi bien ces activités (rentables) ne sortent de l'appareil bancaire national qu'au prix de modifications que l'on retrouvera plus loin. Ceci fait, on peut à la manière du "Groupe bancaire 2002" 55, réduire toute l'activité bancaire à la collecte de dépôts (de toute sorte) et à leur transformation soit en crédits, soit en placements (en bourse, sur "les marchés", en opérations OTC et en toutes autres cessions de titres). 56 Autrement dit, la banque ne crée pas d'épargne, mais offre à sa clientèle des comptes d'épargne (variantes des dépôts) et des titres divers, de provenance boursière ou de "fabrication maison" (financiarisation, fonds communs de placement, etc.) et elle ne crée pas davantage d'investissement. Rectificatif: la banque peut produire une épargne propre, par les bénéfices qu'elle met en réserve; et elle peut effectuer de réels investissements pour ses besoins propres ou par souscription effective au capital de sociétés dont elle demeure ensuite l'actionnaire, au lieu de les utiliser comme écluses temporaires pour les augmentations de capital qu'elle garantit. Bref, à cette exception près, la banque aide ses clients à figer en épargne (moins liquide que la monnaie) une partie des dépôts qu'elle collecte. Mais elle ne crée pas d'investissement neuf. Il faut souligner ce point, car il est obscurci par le discours bancaire (et boursier) qui

54 Tel le groupe Morgan Stanley qui se flattait d'avoir construit a financial supermarket. Une plus grande division du travail (et des risques) pouvait être plus rentable: d'où le renvoi, en juin 2005, de son chief executive, par trop "attrape-tout".

55 Auteur d'une intéressante étude sur Le monde des banques et des bourses, Hérodote, n° 109, 2è trim. 2003

56 Bien évidemment, l'octroi de crédits s'accompagne d'une certaine création de monnaie (ou d'une certaine réduction de la masse monétaire) selon la façon dont la banque centrale régule le marché monétaire, variation qui se concrétise dans celle des dépôts bancaires.

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