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Inventaire du 21e siècle - page 81 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).81

baptise "investissements" presque tous les fonds placés en titres divers. En effet, l'investissement porteur de croissance économique est celui qui se concrétise par une augmentation (extension ou renouvellement) du capital fixe des entreprises ou par une extension du fonds de roulement (c'est-à-dire du capital circulant) nécessaire à l'activité productive de celles-ci. Autrement dit "l'investissement boursier" (et tous ses cousins financiers) n'est PAS un investissement. Il le devient éventuellement (et partiellement), si le vendeur des titres en question procède à l'investissement effectif de sa recette. On enrichira cette distinction essentielle, en examinant, plus loin, la circulation internationale des capitaux.

L'appareil bancaire (et boursier) - c'est-à-dire le réseau M/C d'un pays donné ne contribue que très partiellement à la production de ce bien rare, indispensable au développement économique, qu'est le capital investissable. Les producteurs d'un tel capital sont évidemment les entreprises qui réinvestissent leurs profits et leurs réserves pour rénover ou étendre leurs capacités de production, ou, de façon déjà indirecte, pour acquérir d'autres firmes, car de tels agrandissements ne se concrétisent pas toujours par des capacités globalement accrues ou par des économies d'échelle prometteuses de profits (réinvestissables) accrus. Par contre, les firmes qui font fructifier leurs profits mis en réserves, au moyen de placements financiers, effectuent, au mieux, une gestion prudente de leurs futures capacités d'investissement. De leur côté, l'État (et ses démembrements) qui réussissent à convertir en capital investissable une partie de leurs prélèvements obligatoires peuvent procurer d'importantes ressources, même dans les sociétés hautement bancarisées. Et, bien évidemment, les particuliers - propriétaires fonciers ou rentiers, etc. - qui gèrent directement leur fortune peuvent aussi, le cas échéant, être sources d'investissements effectifs.

La banque et la bourse démultiplient à l'infini les créances financières qu'elles créent, gèrent, vendent et revendent. Elles les empilent en fonds commun de placement (mutual funds) dont les parts sont en somme des titres de titres, comme le sont les actions des SICAV. Elles offrent même des fonds de fonds, auxquels elles adjoignent des titres spéculant sur l'avenir des indices boursiers, des taux des "marchés" (y compris celui des changes). Dans cette pyramide aux étages souvent nombreux, les hedge funds 57 se sont fait une réputation particulière, car ils mutualisent les prises de risques de participants très fortunés et nourrissent ces risques par d'énormes crédits bancaires permettant de transformer en pactole des marges minimes, comme de bousculer les défenses d'une banque centrale dont la monnaie au bord de la dévaluation. En 1998, un hedge fund américain, dénommé L.T.C.M. (Long Term Capital Management) fut incapable de rembourser à bonne date les milliards de $ qu'il avait empruntés pour une spéculation qui échoua 58 et la banque centrale (le FRB de New-York) dût contraindre les grandes banques new-

57 Le FMI et la BRI les dénomment désormais «fonds spéculatifs».

58 Il était cependant conseillé par deux économistes qui avaient reçu un prix Nobel pour leur contribution à la gestion des marchés financiers...Pauvre prix Nobel d'Economie qui a couronnés presque autant de sots que de savants utiles...

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