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Inventaire du 21e siècle - page 82 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).82

yorkaises (sans doute impliquées dans ce prêt calamiteux) à intervenir pour éviter la ruine de ce fond, car elle eût provoqué une "crise systémique" de belle ampleur.

D'autres risques "systémiques" sont créés chaque jour par les banques commerciales elles-mêmes, à mesure qu'elles gonflent leur volume de produits dérivés. Ceux-ci ne pèsent pas directement sur leurs bilans (où crédits et ressources doivent s'équilibrer, aux réserves près, dans des proportions régies par le ratio Cooke déjà cité) car ils se logent hors bilan, en tant que dettes et créances conditionnelles et futures, à échéance généralement incertaine, si bien que le risque qu'ils présentent est théoriquement incalculable. On a déjà noté par quelle cote mal taillée, la BRI incite néanmoins à couvrir ces risques potentiels par des réserves qu'elle croit prudentes. Mais on doit aussi noter qu'à la fin de l'année 2004, les "dérivés" circulant sur le marché OTC atteignaient, à l'échelle mondiale, 248.000 milliards de $, soit 15 fois la cotation boursière, à même date, des deux grandes bourses new-yorkaise ou, si l'on préfère se référer à l'économie réelle, 6 fois le PIB mondial de l'année 2004.

Bref, la banque et la bourse sont périlleuses, comme autant de casinos, sauf à être bordées de garde-fous. Mais on ne saurait prendre les cabinets d'audit qui certifient les comptes des sociétés - y compris les banques et les bourses - pour de réels garde-fous, si l'on en juge par les faits mis en lumière par le scandale Enron: deux des quatre plus gros cabinets mondiaux (Arthur Andersen, aujourd'hui éclaté, et KPGM qui en est à s'excuser d'avoir fabrique des "abris fiscaux" illégaux) ont été tardivement dénoncés et poursuivis. Après trois ans d'efforts à demi infructueux, Donaldson qui avait été placé à la tête de la NYSE 59 pour ragaillardir sa vertu, a fini par démissionner, en juin 2005. Le président Bush vient de le remplacer par un "reliably conservative free-market Republican" (un Républicain bon teint - Donaldson l'était aussi - à la fois conservateur et partisan du marché libre) si bien que le New York Times craint un "back-sliding to the bad old days of regulatory laissez-faire" (un retour aux mauvais jours anciens - d'avant 2003! - où la réglementation (boursière) s'inspirait du laissez-faire). Ce cas particulier serait purement anecdotique, s'il ne concernait la plus importante bourse, celle qui forme avec la banque new-yorkaise la principale pompe aspirante et foulante du système mondial actuel.

Les devises

Les monnaies sont souvent dénommées devises quand elles sont exposées aux transactions du marché international où se fixent leurs taux de changes

59 Extraits du New York Times, juin 2005: "Donaldson was a creature of Wall Street....But he showed an independent streak that may have unnerved...in the White House. He imposed stiff fines on corporations for misstating revenues, fought for more independent directors for mutual funds, strengthened oversight of hedge funds and made stock trading practices more fair to investors".

Son remplacement prenant effet au 1er juillet 2005, Donaldson n'a pas manqué de faire approuver, fin juin, une directive réaffirmant une dernière fois que les présidents des fonds communs de placement doivent être des personnalités indépendantes (et non des cadres de banque).

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