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Inventaire du 21e siècle - page 83 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).83

respectifs et par où transitent d'énormes flux monétaires. Leur marché a pris de l'ampleur, durant les années 1970, quand les besoins du commerce international et des transactions boursières transfrontières ont été renforcés par les commodités spéculatives créées par le passage au système des changes flottants, après la déconfiture du $ et par les flux de capitaux itinérants dénommés "eurodollars" puis "pétrodollars". Depuis lors, l'extension à de nombreux pays de la libre convertibilité monétaire a levé beaucoup des barrages qui endiguaient les transferts internationaux de capitaux, même s'il en subsiste d'importants et si la tentation d'en rétablir renaît à chaque crise monétaire. Néanmoins, ce marché toujours très actif devient d'une grande fébrilité à l'approche de nouvelles dévaluations, nonobstant les efforts des banques centrales pour retarder cette issue à grand renforts de swaps entre elles et pour attendre un jour discret - où les banques commerciales des principaux pays concernés sont fermées - pour afficher la "défaite" de l'une d'entre elles.

Les transactions quotidiennes sur les devises sont opérées par quelques banques dont la hiérarchie s'est d'ailleurs modifiée à mesure que le poids relatif des diverses monnaies s'est modifié. Au premier trimestre 2004, l'équivalent de 1900 milliards de $ qui change de mains en moyenne chaque jour est traité pour l'essentiel par une dizaine de banques, américaines ou européennes, par lesquelles transitent plus de ¸70 % des opérations. La principale d'entre elles est la Deutsche Bank, hissée au premier rang, avec près de 17 % du total, du fait de la naissance de l'euro (et du décès corrélatif de onze monnaies. Un autre trait qui s'est renforcé d'année en année est l'ampleur des opérations électroniques, sur ce marché où les transactions de vive voix étaient naguère la règle.

Les devises les plus recherchées sont évidemment les plus usitées de par le monde ou, plus exactement, celles que les banques centrales détiennent volontiers dans leurs réserves, c'est-à-dire, dans l'ordre, le dollar, l'euro, le yen et la livre sterling, mais cet ordre variera probablement et s'enrichira du yuan chinois, de la roupie indienne et d'autres monnaies, asiatiques ou non, qui monteront en puissance au cours du 21e siècle Une autre façon d'exprimer la "puissance" relative des monnaies est d'observer les trajets qu'il faut parcourir pour passer d'une devise à l'autre. Ainsi la plupart des monnaies latino-américaines s'achètent et se vendent via le $, les monnaies africaines transitent par l'euro ou la livre, etc.

L'arrivée de la Chine dans le cercle des grandes monnaies est probable, mais il prendra du temps. Pour le moment, les autorités chinoises donnent priorité à leurs capacités d'exportation, si bien qu'elles lient leur yuan à un dollar qu'elles jugent déprécié, ce qui leur permet de maintenir de bas prix dans toutes les autres devises. Pour rendre tolérable cette manœuvre - facilitée par le contrôle étatique sur un yuan à convertibilité limitée - la Chine convertit une large partie de ses excédents commerciaux en $, rejoignant ainsi le Japon qui a fait de même, de longue date, d'abord par contrainte de l'occupant américain, puis par intérêt commercial bien compris. Mais les États-Unis dont les déficits internationaux prennent une ampleur

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