X hits on this document

Word document

Inventaire du 21e siècle - page 86 / 134

270 views

0 shares

0 downloads

0 comments

86 / 134

Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).86

des investissements directs sont venus s'adjoindre aux prêts bancaires et ils tendent même à les surclasser. Ces investissements sont destinés à des créations ou à des acquisitions d'entreprises, lesquelles sont éventuellement cotées, à mesure que les bourses locales se développent. Comme les institutions qui s'efforcent de dresser la statistique de toutes ces opérations (FMI, Banque Mondiale et BRI notamment) travaillent toujours dans une perspective purement financière, elles distinguent mal les investissements productifs des opérations purement financières, voire des allers-retours hautement spéculatifs. Qui plus est, les interventions des banques prêteuses mais aussi marieuses d’entreprises et les introductions en bourse finissent par brouiller les lignes. Enfin, l'expression en $ de mouvements de capitaux souvent initiés en euros et en yens et pour une bonne part dépensés en monnaies locales pose de délicats problèmes de parité de pouvoir d'achat que leurs conversions habituelles en $ ne résolvent pas. 67 Les autorités locales gagneraient à trier ce magma, surtout si elles veulent se servir des freins anti-spéculatifs que l'on retrouvera plus loin, mais elles n'en ont pas souvent la capacité, ni l'envie.  Toujours est-il que les crises effectives ou supputées déclenchent des reflux de capitaux qui sont massifs. Les prêts à court terme ne sont pas prolongés, les titres cessibles en bourse ou vendables d'autre manière fuient également et même les capitaux fixes dûment acquis sont parfois soldés à bas prix. Les sociétés européennes (dont quelques "nationalisées" françaises) qui avaient acquis, en $ de 1997-98, les firmes argentines alors dénationalisées ont partagé, après 2001, les affres des classes moyennes argentines qui avaient cru à la pérennité du peso "dollarisé".

Toujours est-il que le rapport 2005 de la Banque Mondiale évalue à près de 234 milliards de $, le flux net des capitaux apportés au cours de l'année 2004 à l'ensemble des pays en développement, chiffre qui rejoint à peu près le niveau déjà atteint en 1997, ce qui marque une nette remontée après le plat, voisin de 200 milliards, observé en 2000-2002. Dans les 234 milliards de $ qu'elle recense pour 2004, 7 % proviennent de sources officielles, tandis que les 93 % restants mêlent les prêts accordés et les souscriptions par le secteur privé. Comme il convient à une Banque Mondiale qui sépare méthodiquement le privé de l'étatique, les quelque 47 milliards d'aide étrangère procurés, en 2004 à ces mêmes pays sont décomptés à part. Dûment inclus, ils majoreraient de 15 % les apports de capitaux de cette année-là.

Les pays destinataires de ces flux de capitaux en tirent des bénéfices aléatoires. Dès que la crainte d'une dévaluation se répand localement, la monnaie est sur-fragilisée par la prudente fuite des capitaux volatils et l'appareil bancaire local

67 Voir le Global Development Finance 2005 de la Banque Mondiale (p 18).

Document info
Document views270
Page views270
Page last viewedSun Dec 04 22:37:22 UTC 2016
Pages134
Paragraphs1453
Words56761

Comments