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Inventaire du 21e siècle - page 91 / 134

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Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).91

d'un même État est aux prises avec les créanciers multilatéraux que sont le FMI lui-même, la Banque Mondiale ou ses petites cousines d'échelle continentale. La situation est analogue si une partie des créances impayées est détenue par un ou plusieurs syndicats internationaux de banques, appelés en renfort par le FMI - que celui-ci ait servi ou non d'écluse intermédiaire - car ces banques ont évidemment pris toutes les précautions juridico-financières requises pour solidariser leur intervention avec celle du FMI. S'il y a abandon de créances qui supportera la perte? Peut-être le FMI et les autres institutions internationales concernées, si leurs statuts et leurs réserves le permettent, mais certainement pas les banques commerciales venues en appoint, sauf si aucune échappatoire ne s'offre à elles (auquel cas leurs pertes se résoudront par des économies d'impôts et entraîneront, évidemment, une grande réticence devant de nouveaux abandons de créances). Bref, les remises de dettes impliquent qu'un payeur intervienne finalement.

Ainsi, lorsque le G7 a décidé en juin 2005 d'annuler 40 milliards de $ d'arriérés dus par 14 États africains et 4 pays d'Amérique latine 74, ils ont certes annulé 100 % de leur dette multilatérale, mais il n'a pas été question d'étendre cette rémission aux dettes envers des banques privées internationales. Promesse a été faite d'étendre ce "généreux abandon de créances" d'ici douze à dix-huit mois, à une douzaine d'autres pays tout aussi pauvres et endettés, s'ils le méritent tant par leurs performances économiques que par leur "bonne gouvernance". Mais, par suite d'un veto américain, la proposition britannique de faire vendre, par le FMI, une partie de son stock d'or pour financer le manque à percevoir que cet allègement va entraîner, a été rejetée, obligeant ce Fonds à puiser sur ses réserves disponibles, c'est-à-dire à réduire d'autant sa future capacité de prêt. 75 Ce n'est qu'un début promettent les pays riches du G7 - y compris les États-Unis longtemps réticents devant un tel sacrilège. Cela doit n'être qu'un début crient, de toutes parts, les dizaines de pays pauvres qui doivent continuent à ahaner sous leur dette.

(3) - Bien utiliser les crises

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L'appareil bancaire et boursier se modifie de lui-même par l'effet des innovations (rentabilisantes) qu'il secrète et des compétitions (virtuellement égalisatrices de la rentabilité) qui l'animent. A son secours ou contre son gré, des États se mêlent de le transformer, ce qui gêne plus ou moins sa rentabilité, mais ne vise pas à la tarir, même en cas de nationalisation. Seule une socialisation intégrale, à la soviétique, en détruit ou en inhibe des pans entiers, tandis que le reste, de son activité et de sa rentabilité oscille entre le statu quo ante et le statut

74 Sont concernés: Bénin, Bolivie, Burkina Faso, Ethiopie, Ghana, Guyana, Honduras, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mozambique, Nicaragua, Niger, Ouganda, Rwanda, Sénégal, Tanzanie et Zambie.

75 La décision du G7 n'a pas encore été "mise en musique" administrative, au moment où j'écris ceci, bien qu'elle ait été claironnée par tous les medias, non sans nuances. J'ai suivi, ici, le compte-rendu donné par Le Monde.

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