X hits on this document

Word document

Inventaire du 21e siècle - page 92 / 134

263 views

0 shares

0 downloads

0 comments

92 / 134

Robert Fossaert, Inventaire du 21e siècle. Tome 2 (2005).92

de l'appareil impôt/dépense (I/D). Si l'on en juge par l'expérience des 18è-19è siècles, les immixtions étatiques sont localisées dans le pays où une crise bancaire (ou boursière) a éclaté, à moins qu'une crise politique ait ricoché vers cet appareil. Elles ne débordent pas de ce cadre mono-étatique, quand l'intervention étatique s'applique à des colonies comme à leur métropole. Les exceptions s'esquissent au 19è siècle, quand les crises bancaires et boursières mettent en cause plusieurs États indépendants les uns des autres, auquel cas la diplomatie ou la canonnière rappellent les débiteurs à leurs devoirs. Le Mexique, la Turquie et d'autres ont ainsi été disciplinés par l'Angleterre, la France, etc.. Au 20e siècle, ces rudesses sont passées de mode depuis que les révolutions russe et turque ont annulé d'énormes dettes sans que les États concernés - au premier rang desquels la France - y puissent rien.

Le tableau s'est modifié pour des raisons liées à ces révolutions comme à la première guerre mondiale et bientôt relayées par la crise économique des années 1930, puis par la seconde guerre mondiale. Les États ont dû apprendre à se concerter pour régler des crises qui débordaient de leur aire de souveraineté et qu'ils ne pouvaient traiter en force. Le triangle États-Unis-France-Allemagne se débattit longuement avec les "réparations" réclamées à l'Allemagne et les "dettes de guerre" contractées par la France, d'où sortit finalement la BRI (Banque des Règlements Internationaux). La même BRI fut bientôt mise à contribution pour gérer les transferts d'or intra- et extra-européens ordonnancés par l'Allemagne devenue l'occupante d'à peu près toute l'Europe 76. Dès 1944, les États-Unis organisèrent une conférence internationale, à Bretton-Woods, d'où sortirent le FMI et la BIRD (Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement, qui devint, ensuite, la Banque Mondiale). La défaillance du $, en 1971, imposa une réforme de ce système, qui fut négociée hors le FMI (les initiatives de celui-ci ne plaisant pas aux États-Unis). 77 Le G7 fut créé à cette fin et aboutit à l'actuel mécanisme des changes flottants. 78  Pour qui observe de près cette série d'accords internationaux qui transformèrent le jeu mondial des banques et des bourses (tandis que progressait peu à peu la déréglementation que l'on sait), force est de constater que la prépondérance américaine n'a pas cessé de s'affirmer, consacrant ainsi la relève (déjà évoquée) de la Grande-Bretagne comme puissance financière centrale. On peut néanmoins se demander si le déclin cette prépondérance s'annonce désormais. Déclin suggéré par les accords du Plaza de septembre 1985, où le Japon, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis s'engagèrent à maintenir les taux de change de leurs monnaies respectives dans des "fourchettes" bien définies. Toutefois la souveraineté solitaire des États-Unis qui s'était manifestée aux dépens de l'Amérique latine, en 1982, comme l'on sait,

76 Voir sur le site de la BRI (Bank for International settlements) les textes auxquels renvoie une Introductory Note on the Bank for International Settlements 1930-1945, note publiée le 12 mai 1997.

77 Voir ci-avant, les réformes de l’ère Witteveen.

78 Giscard d'Estaing, président français à l'époque et fidèle disciple de Poincaré, Rueff et autres tenants de l'étalon-or, tergiversa avant de consentir à ce nouvel accord en 1976. Il fit également la fine bouche devant la création des DTS, ce qui obligea le FMI à traiter ceux-ci, non pas comme la création de monnaie internationale qu'ils sont, mais comme des crédits, en principe remboursables.

Document info
Document views263
Page views263
Page last viewedSun Dec 04 09:04:47 UTC 2016
Pages134
Paragraphs1453
Words56761

Comments